Agressions de médecins: " la sécurité à 100% n'existe pas "
Lors d'un long entretien accordé à nos rédactions, la ministre de la Santé publique est revenue sur la problématique de l'insécurité des médecins de première ligne. L'insécurité des médecins s'est à nouveau invitée au menu du gouvernement... Que projetez-vous de faire concrètement ?
Le journal du Médecin: L'insécurité des médecins s'est à nouveau invitée au menu du gouvernement... Que projetez-vous de faire concrètement ?
Maggie De Block : Nous collaborons étroitement avec le ministre de l'Intérieur Jan Jambon à trouver des solutions. Pour que la police soit avertie immédiatement et réagisse plus vite. Mais il n'y a pas de solution 100% sûre. L'objectif est qu'une personne de la Santé publique siège aux réunions de l'Intérieur et qu'un forum soit mis en place. L'implication du terrain est demandée.
Avez-vous eu des contacts avec l'Ordre des médecins ? Il a lancé une enquête à ce sujet...
Non, pas pour le moment. Car nous avons des contacts sur d'autres sujets comme le changement de nom, le rôle futur de l'Ordre... Donc on peut parler avec eux d'une approche globale. L'Ordre a un rôle à jouer mais malheureusement post-factum... Les chiffres que nous avons sur les agressions de médecin sont extrêmement faibles, il faut le dire. Il n'y a pas d'enregistrement proprement dit des agressions spécifiques envers les médecins. Mais je pense que c'est le sommet de l'iceberg, comme je l'ai dit au Parlement. Il y a peu de cas signalés vraisemblablement.
Vous partagez l'idée selon laquelle un médecin est plus fragile dans la mesure où il se rend ou reçoit le patient pour le soigner, l'aider et non pas pour être agressé par lui ? Ou bien le médecin est un citoyen ordinaire face à une insécurité qui l'est tout autant ?
Oui, bien sûr. Mais on observe que quelquefois le médecin connaît le patient agresseur. De plus, les agressions se font parfois en plein jour, donc ce n'est pas seulement la nuit... Ce n'est pas simple.
Dans le cas de Patrik Roelandt, il ne connaissait pas son patient, apparemment... Et quant au médecin agressé à Ans, on ne sait toujours pas s'il était de garde... Le cercle de Patrik Roelandt est prêt à des actions...
Tout travail de terrain est bienvenu dans la recherche de solutions...
C'est un problème insoluble pour vous ?
Pour moi, rien n'est insoluble. Certainement pas. De mes 20 ans de MG où je sillonnais les routes, je sais que la sécurité n'est pas un problème simple à résoudre. Je connais ce sentiment...
Le système avec chauffeur, cela marche très bien. Mais cela coûte cher... Vous en pensez quoi ?
Bien sûr, c'est coûteux. C'est une solution trouvée dans les quartiers dangereux. Les visites à domicile n'étaient plus possibles. Il y a là aussi nécessité de prendre des mesures. On ne peut pas faire cela tous les jours pour tous les médecins. On ne peut pas se le permettre.
Ne faut-il pas revenir sur l'obligation de garde (notamment la nuit) ?
Elle fait partie de la continuité des soins... C'est la première règle... C'est pourquoi les PMG ont du personnel... des voitures avec chauffeur...