Ça va changer quoi ?

Quand il a été demandé aux trois femmes des rédactions du journal du Médecin et du Artsenkrant (qui comptent neuf personnes au total), de plancher sur un numéro dans le cadre de la journée du 8 mars, leur réponse a d'abord été, en substance : Une journée de la femme est-elle le meilleur moyen d'attirer l'attention sur le sort des femmes ? N'est-ce pas une aumône pour calmer à peu de frais, les revendications féminines ? Ou est-ce un moment symbolique conquis de haute lutte par nos aînées?
Notre première réaction a donc été de refuser, et de boycotter l'idée. Réaction irrecevable, dixit les responsables de la rédaction. Nous nous sommes alors mises en quête d'un angle d'approche, histoire de ne pas revenir avec les thèmes récurrents des inégalités hommes-femmes au niveau de la santé. Des discriminations envers les femmes en tant que médecins et chercheuses. Des relations entre les femmes médecins et leurs patients masculins. De la rareté des femmes médecins dans les organismes de défense de la profession. Ou encore, de la manière dont elles combinent vie familiale et professionnelle. Même si les différences et inégalités existent, ce sont des questions que l'on pose rarement aux médecins masculins... Et puis, depuis le temps que l'on constate la féminisation de la médecine, on peut difficilement qualifier le secteur de bastion masculin. Dans certaines spécialités, les hommes sont même minoritaires.
De toutes ces interrogations a émergé la question que nous avons posée aux femmes dont vous trouverez les portraits dans cette édition : une journée de la femme a-t-elle encore sa raison d'être, en 2016 ?
Les réponses obtenues sont diverses et nuancées. C'est vrai, ces femmes ont construit une belle carrière, sans rencontrer trop de difficultés liées au genre, mais n'empêche. Parfois pointe un regret concernant la vie familiale, l'éducation, la considération de la part des collègues masculins... des sentiments sans doute moins fréquemment ressentis par la gent masculine. Maintenant, il reste à savoir si une journée de la femme peut améliorer cet état des choses.
Et si la journée de la femme, en plus de fédérer les femmes dans un devenir commun, devenait pour tous les hommes une opportunité de réfléchir à la place qu'ils offrent à leurs compagnes, leurs collègues, leurs mères, leurs soeurs... dans leur vie quotidienne? Une réflexion à mener 365 jours par an (voire 366, pour les années bissextiles !).