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Pourfendre les forces de l'argent, celui qui corrompt tout, qui nous empêche de penser, qui fait oublier l'essentiel est certes un peu facile. Il faut éviter d'enfoncer des portes ouvertes.

Nicolas de Pape - 14 mars 2016

Pourtant, de l'ensemble du secteur des soins de santé, remonte toujours davantage une longue plainte, une litanie presque.
En première ligne, les médecins, envahis de normes toujours plus tatillonnes et fatigués par des économies structurelles et récurrentes qu'on leur demande pour eux, leurs patients, leur hôpital.

La qualité de la médecine est dans toutes les bouches mais derrière le paiement à la performance et le coût-efficacité, se profilent des arguments purement financiers.

Les médecins sont toujours considérés doublement comme des postes de dépense : leurs honoraires, d'abord ; leurs prescriptions ensuite, même si ces dernières sont destinées à améliorer la santé de leurs patients. On attend beaucoup des économies induites par les synergies, l'efficacité, l'informatisation mais à chaque avancée dans ce domaine, de nouveaux " dérapages " budgétaires se profilent et il faut cracher au bassinet.

Depuis le gouvernement Tindemans (pour nos plus anciens lecteurs), combien de conclaves budgétaires, à Val-Duchesse ou ailleurs, quel que soit le parfum de la coalition en place : violette, arc-en-ciel, suédoise ? Des appellations très romantiques mais derrière lesquelles on cache une politique au scalpel.

Pas une décennie de répit. En milieu de semaine, le gouvernement Michel était à la recherche, une nouvelle fois, d'air frais pour le budget. Le trou de 2,2 (1,7 ?) milliards se décline en euros et la sécu va encore trinquer donc, sans doute les soins de santé.

Dans un entretien récent au Vif-l'Express, Maggie de Block assure qu'elle a obtenu un portefeuille ministériel de rêve mais pas un budget de rêve. On sent pointer la déception d'une ex-médecin généraliste elle aussi soumise aux forces financières. A-t-elle encore la force de résister ou bien se résigne-t-elle déjà ? Solidaris affirme qu'on ne pourra plus faire des milliards d'économie sans toucher à la chair du patient.
Pourtant, avec ses plus de 300.000 emplois et, largo sensu, près de 30 milliards de budget, la santé est avant tout un investissement. Que ferait le monde économique si les 3 millions de Belges qui travaillent émargeaient du budget de l'incapacité de travail ?

Combien de points de PIB gagnés que ces employés, ouvriers et indépendants en bonne santé pour la prospérité de notre économie ? Puisqu'il faut parler sans cesse de chiffres et de bilan analytique, il faudrait que nos gouvernants se l'enfoncent dans le tympan.

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