Une trentaine de petits neurones unis contre la douleur !
On savait que l'ocytocine, un peptide synthétisé par l'hypothalamus, est un acteur essentiel dans la modulation de la perception de la douleur. Mais jusqu'ici, le processus aboutissant à sa libération était inconnu. Le voile est en partie levé. Une équipe internationale a en effet réussi à identifier un " centre de contrôle de la douleur " constitué d'une trentaine de petits neurones qui coordonnent la libération d'ocytocine dans le sang et la moelle épinière.
Les chercheurs ont observé que, lors de douleurs aiguës ou d'une sensibilisation inflammatoire, l'information est acheminée par les nerfs périphériques, par exemple ceux du membre blessé, jusqu'à des neurones de la moelle épinière, avant d'être adressée aux " trente glorieux " qui sont regroupés dans le noyau paraventriculaire de l'hypothalamus.
En retour, ces derniers activent une famille de gros neurones, les neurones magnocellulaires, dans une autre région de l'hypothalamus, qui déclenchent la libération de l'ocytocine dans la circulation sanguine. Cette hormone va alors " endormir " les neurones périphériques qui cessent donc de transmettre au cerveau des messages de détresse. Et la douleur s'atténue.
Qui plus est, les longs prolongements (jusqu'à un mètre chez l'humain) des 30 neurones, à savoir leurs axones, délivrent l'ocytocine au plus profond de la moelle épinière, à l'endroit où le message sensoriel est codé en intensité. Autrement dit, la reconduction du message douloureux au cerveau est diminuée par deux voies simultanées.
Les auteurs de cette étude espèrent trouver des marqueurs génétiques capables d'activer ou inhiber de manière spécifique ces trente neurones, afin de mieux atténuer les symptômes de patients souffrant de douleurs pathologiques, le tout en limitant les effets secondaires.