Schizophrénie : les réfugiés présentent un risque accru
Physique mais aussi mentale, la santé des populations déplacées à travers le monde est un sujet de préoccupation délicat dont s'est emparé une équipe de chercheurs suédois et britanniques.
Ces derniers ont réalisé une étude de cohorte incluant plus de 1,35 millions de personnes vivant en Suède, nées après le 1er janvier 1984 et suivies à partir de leur 14e anniversaire ou leur arrivée dans le pays. Parmi les participants, 1,19 millions (88,4%) étaient nés de parents suédois, 24 123 (1,8%) étaient des réfugiés arrivés dans ce pays après 1984 et 132 663 (9,8 %) étaient des migrants non réfugiés. L'étude ne concerne donc pas les réfugiés arrivés récemment en Suède, dont beaucoup ont fui le conflit syrien.
Les auteurs ont comparé le taux de survenue de troubles psychotiques dans ces trois groupes. Résultat : sur une population de référence de 10.000 personnes, 12 nouveaux cas de schizophrénie sont repérés chaque année parmi les réfugiés, contre huit parmi les immigrés non-réfugiés et quatre au sein de la population autochtone. L'augmentation du risque est présente dans les deux sexes, mais plus marquée pour les hommes.
L'étude n'aboutit à aucune conclusion précise sur les causes qui expliqueraient ce taux plus élevé de schizophrènes parmi les réfugiés. Elle met néanmoins l'accent sur la vigilance nécessaire pour dépister précocement et prendre en charge ces patients vulnérables.