Cardiologie : " Il ne faut pas rembourser davantage les DAVG "

Sur les 10.000 Belges diagnostiqués chaque année en état de décompensation cardiaque, un certain nombre doivent patienter avant de bénéficier d'une transplantation cardiaque. Pendant la période d'attente, il est possible de leur implanter un dispositif d'assistance ventriculaire pour soutenir la fonction de leur coeur. Le KCE s'interroge sur le coût-efficacité de rembourser plus que 50 appareils par an pour des patients qui n'entrent pas directement en compte pour une greffe. Selon le KCE, il n'y a guère d'arguments économiques en la matière.
Faut-il rembourser plus de 50 dispositifs d'assistance ventriculaire gauche (DAVG) par an alors que le nombre de ces appareils n'a cessé d'augmenter suite aux demandes des cliniciens (de 20 en 1999, il est passé à 50 en 2014) ?
" Jusque 2014, ces appareils n'étaient remboursés que pour les patients en attente de transplantation", note le KCE. "Depuis lors, quelques-uns peuvent également être attribués chaque année à des patients chez qui on ne sait pas encore s'ils vont pouvoir être mis sur la liste d'attente. À l'heure actuelle, les dispositifs d'assistance ventriculaire ne sont pas remboursés s'il n'y a pas de perspective de transplantation cardiaque. "
Certes, les DAVG améliorent l'espérance de vie de 4,8 ans. Cependant, cela coûte 260.000 euros, ce qui comprend le prix de l'appareil (environ 67 000 euros), de l'intervention et des hospitalisations. " En effet, après une implantation réussie, les patients passent environ 5 % de leur temps en nouveaux séjours hospitaliers, avec un coût moyen d'environ 26 000 euros par mois d'hospitalisation. Le coût du traitement médicamenteux classique reste pour sa part largement inférieur (moins de 50 000 euros) étant donné l'espérance de vie malheureusement limitée de ces patients. "
82.000 euros par QALY
Le KCE a fait appel à la notion maintenant connue de coût-efficacité. Le centre d'expertise a calculé qu'un dispositif d'assistance ventriculaire représente, par rapport à un traitement médicamenteux classique, un surcoût de 82 000 euros par QALY (quality adjusted life year ou gain d'années de vie ajustées en fonction de la qualité). Étant donné ce montant élevé, on peut conclure qu'élargir le remboursement ne constituerait pas un usage efficient des ressources limitées de l'assurance maladie.
Le KCE conclut donc que du point de vue médical, l'appareil apporte un grand bénéfice pour le patient mais du point de vue économique il n'y a pas d'arguments pour soutenir un élargissement du remboursement à plus de 50 DAVG par an.
" Le remboursement systématique d'interventions dont le rapport coût-efficacité est à ce point élevé pourrait, à terme, menacer la pérennité de l'assurance maladie ", soutient le KCE.