Alzheimer : l'optogénétique permet de récupérer les souvenirs
C'est une découverte qui fait naître pas mal d'espérances chez les patients Alzheimer et leurs proches. Une étude américaine révèle que la maladie neurodégénérative ne ferait en fait pas disparaître les souvenirs. Ceux-ci se trouvant tout simplement dans des zones inaccessibles du cerveau, ils pourraient être potentiellement réactivés.
Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont réalisé des expériences comportementales sur des souris saines et sur d'autres génétiquement modifiées pour présenter des symptômes similaires à la maladie d'Alzheimer chez l'homme. Placées dans une boîte, elles ont reçu une petite décharge électrique sur les pattes, deux fois, à 24 heures d'intervalle.
Résultat : les souris saines ont manifesté leur panique et ont appris à craindre la boîte tandis que les modifiées ne montraient jamais de signes de peur. Elles ne se souvenaient de rien.
Les auteurs dont le Pr Susumu Tonegawa, prix Nobel de médecine, ont alors essayé chez les rongeurs mutants de stimuler la zone cervicale associée à la mémoire à court terme en envoyant de la lumière bleue dans le cerveau des animaux. Cette technique appelée optogénétique a forcé l'activation des neurones de leur hippocampe, permettant aux souris de se souvenir qu'elles avaient reçu un électrochoc. Du coup, elles prenaient peur. Autrement dit, le souvenir avait bel et bien été enregistré dans le cerveau.
La répétition de la stimulation des neurones a aussi montré que les souris finissaient par ne plus oublier qu'elles avaient peur, même quand la lumière était éteinte.
Les scientifiques espèrent qu'à l'avenir des nouvelles techniques de récupération des engrammes puissent être développées, de manière à inverser la perte de mémoire durant les premiers stades du développement de la maladie.