Les patients grossiers seraient plus à risques d'être mal diagnostiqués
Pour les auteurs de cette étude surprenante, des chercheurs de l'Université Erasmus (Pays-Bas), il est important que tous les praticiens soient conscients de leurs réactions émotionnelles face aux différents comportements des patients. Mais ces derniers ont aussi tout intérêt à se montrer bien élevés et aimables avec leur médecin. Il y va en effet de leur sécurité. S'ils sont agressifs, ou réfractaires, ils risquent d'être moins bien " traités ". Face à quelqu'un de grossier, le médecin est plus susceptible de perdre sa concentration et, finalement, dans certains cas, d'établir un diagnostic erroné.
Ces conclusions sont issues de la pratique de 63 jeunes médecins. Au terme de consultations fictives et de six scénarios de consultation différents reflétant certains archétypes de patients au caractère bien trempé ou avec des tempéraments agressifs, les scientifiques ont analysé les diagnostics des médecins avant de rapprocher la précision diagnostique et le score de sympathie des malades.
L'analyse montre que la précision du diagnostic est significativement plus faible pour les patients plus " difficiles " ou agressifs que pour les patients " neutres " (score de 0,54 vs 0,64). De plus, les cas simples sont diagnostiqués plus précisément que les cas complexes.
Enfin, tous les scores de justesse de diagnostic et de traitement augmentent après réflexion, quelle que soit la complexité du cas et le comportement du patient. Cette dernière conclusion rappelle combien il est nécessaire que le médecin prenne un temps de consultation suffisant avant d'établir le bilan de santé de chacun de ses patients.