Le sud du pays se dote d'un plan Autisme

Bruxelles, la Wallonie et la Fédération ont présenté lundi leur premier plan transversal "autisme", destiné à améliorer le soutien aux personnes atteintes et à leurs proches, grâce notamment à une individualisation du soutien tout au long de la vie. "Il y a une réelle détresse d'un grand nombre de parents par rapport aux troubles autistiques. Chaque cas est très spécifique et les proches doivent parfois frapper à vingt portes différentes. Cela nécessite une réponse à la carte, sur mesure", a exposé le ministre wallon de la Santé Maxime Prévot au cours d'une conférence de presse à Namur.
Les troubles du spectre autistique touchent environ 62 personnes sur 10.000, voire jusqu'à 1% des naissances, selon les statistiques.
En 2013, la Belgique a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux (Conseil de l'Europe) pour le manque de logements destinés aux personnes handicapées, y compris aux personnes avec autisme requérant un haut niveau de soutien.
Le projet francophone veut garantir la mise en place d'un plan individualisé pour assurer, dès le dépistage du trouble, une prise en charge immédiate et pluridisciplinaire. Le travail en réseau y est essentiel, puisqu'il permet d'orienter les parents vers les services qui offriront une réponse la plus adéquate aux besoins.
Un projet pilote de l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) et des secteurs de l'enseignement et du handicap permettra un continuum du parcours de l'enfant en informatisant son carnet ONE, qui sera ainsi prolongé à l'image du dossier médical global, a expliqué Céline Frémault, ministre en charge du Handicap au gouvernement francophone bruxellois (CoCof).
Un cadastre des besoins et places disponibles sera réalisé tant pour les jeunes que pour les adultes. Des mesures toucheront aussi le dépistage plus rapide (personnel ONE, centres PMS, etc), la formation de l'encadrement, le transport scolaire, etc, tandis que des moyens financiers sont renforcés pour la création de places en centre de jour et d'hébergement.
La Wallonie dégage ainsi 3 millions d'euros récurrents pour la prise en charge des cas prioritaires, ainsi que 10 millions d'euros ("one shot") pour de nouvelles places, des mesures favorisant le "répit" des proches, l'accueil de crise, etc.
Bruxelles a elle prévu 18 millions d'euros pour l'amélioration des infrastructures des patients en grande dépendance et 7,5 millions de frais de fonctionnement récurrents. Elle élargira aussi l'accès des huit centres de jour pour enfants scolarisés et le travail adapté pour les 16-25 ans.
Certaines des mesures présentées seront co-financées par Cap48.
Des projets-pilotes verront aussi le jour pour intégrer une classe d'enseignement spécialisé dans une école d'enseignement ordinaire, afin de favoriser l'inclusion sociale, selon la ministre de l'Éducation en Fédération Walloine-Bruxelles, Marie-Martine Schyns. Les créations de places et de classes, elles, suivront le nombre d'élèves.
Le gouvernement fédéral n'est pas associé à ce plan transversal. Dans l'entourage des ministres cdH qui présentaient le plan sudiste lundi, l'on faisait remarquer que les réponses aux demandes des proches des personnes autistes n'ont que trop traîné. Des sujets fédéraux comme la couverture des séances de logopédie seront donc abordés en conférence interministérielle Santé publique.