Le psoriasis augmenterait le risque d'anévrisme de l'aorte abdominale
Mieux vaut ne pas considérer le psoriasis comme une maladie cutanée isolée et bénigne mais plutôt comme une pathologie systémique, du moins au vu des résultats d'une étude danoise. Ses auteurs montrent, pour la première fois, que cette affection dermatologique agirait aussi sur le système cardiovasculaire et augmenterait le risque d'un anévrisme de l'aorte abdominale, une maladie relativement rare et potentiellement mortelle.
Pendant 14 ans, le Dr Usman Khalid et son équipe de l'Hôpital d'Hellerup ont suivi 59 423 patients atteints d'un psoriasis léger et 11 566 d'une forme sévère. En prenant en compte d'autres facteurs de risque (âge, tabagisme), les chercheurs ont constaté que, par tranche de 100.000 personnes, trois d'entre elles vont développer un anévrisme de l'aorte abdominale dans la population générale, 7,3 quand il s'agit d'individus qui souffrent d'un psoriasis léger et 9,87 lorsque la pathologie auto-immune est sévère. Cela correspond à une majoration du risque relatif de 20% chez les patients atteints de psoriasis léger et de 67% chez les personnes au psoriasis sévère.
L'étude n'a toutefois pas démontré que le psoriasis provoque cet anévrisme de l'aorte abdominale mais elle a mis en évidence une association entre les deux maladies. D'où l'importance de développer des stratégies de prévention ciblées consistant à traiter les symptômes du psoriasis et à inciter les malades à adapter un mode de vie plus sain.