Diabète : des cellules bêta à partir de cellules graisseuses
C'est une nouvelle avancée pour la reprogrammation cellulaire que viennent de réaliser des chercheurs suisses. Au départ de cellules souches extraites du tissu adipeux d'un homme de 50 ans, ils ont en effet réussi à produire des cellules bêta, capables de libérer de l'insuline en présence de glucose, tout comme les cellules bêta naturelles du pancréas.
Leur technique est innovante. Ils ont d'abord converti des cellules graisseuses en cellules souches pluripotentes induites, puis les ont génétiquement transformées grâce à un " logiciel génétique " conçu pour reproduire avec précision les facteurs clés de croissance impliqués dans le processus de maturation des cellules spécialisées. Une tâche très complexe puisque trois facteurs sont impliqués (Ngn3, Pdx1 et MafA) mais avec des concentrations qui varient au cours du processus de différenciation, du début à la fin de la maturation. La méthode repose entre autres sur l'utilisation d'acide vanillique qui dirige le programme génétique.
Le taux de réussite est pour l'instant de trois cellules sur quatre. Par ailleurs, la quantité d'insuline produite par les cellules bêta artificielles est inférieure à celle de leurs homologues naturelles.
Toutefois, pour les auteurs de ce travail, il est vraisemblable que les cellules reprogrammées s'adapteront une fois implantées dans le corps du patient diabétique. Ils se disent aussi confiants quant à de futures applications médicales de leur découverte avec, très probablement, supposent-ils, un bien moindre risque de rejet immunitaire, puisque ces cellules sont produites à partir de tissus endogènes du receveur.