Le directeur médical des secours à Zaventem dénonce des failles

Le directeur médical des secours à l'aéroport national le 22 mars a pointé du doigt lundi les problèmes de communication qui se sont posés le jour des attentats. Selon le lieutenant-colonel Eric Mergny, des blessés auraient pu être évacués vers l'hôpital universitaire Saint-Luc, proche de Zaventem. En parallèle, le gouverneur du Brabant flamand Lode De Witte a répondu aux critiques de la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'aide médicale urgente, Cécile Jodogne.
Le 22 mars, les réseaux de téléphonie mobile ont été rapidement saturés. Il ne restait plus au directeur médical, arrivé sur les lieux vers 8h40, que le réseau Astrid qui n'offrait qu'une communication avec le service 100 à Louvain. Or, dès 9h11 et l'attentat commis à la station de métro Maelbeek, les hôpitaux bruxellois étaient réservés aux blessés de la station. Pourtant, Saint-Luc est resté très peu utilisé malgré la capacité qu'il avait libérée.
"Si j'avais pu directement contacter Saint-Luc, cela aurait été plus facile et j'aurais pu modifier mon plan d'évacuation", a expliqué M. Mergny devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats.
Le médecin militaire a toutefois précisé qu'il n'avait pas connu de problème pour trouver des places d'accueil. Il n'a pas manqué non plus de matériel ou de personnel. Vers 11h, l'ensemble des blessés avait d'ailleurs été évacué.
Autre souci: l'absence d'opérateur chargé des communications. Ce sont les personnes en charge d'organiser les soins qui doivent s'en occuper alors qu'elles sont déjà surchargées. M. Mergny a suggéré les services d'opérateurs radio comme dans les opérations militaires.
Le directeur médical a enfin dû faire face à l'insécurité. Il a désigné un premier poste médical avancé sur le site de l'aéroport pour soigner les blessés, qui a dû être fermé en raison de voitures suspectes et ensuite évacué.
Par ailleurs, le gouverneur du Brabant flamand, Lode De Witte s'est étonné de l'initiative de la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'aide médicale urgente, Cécile Jodogne, qui le 25 mars a pointé du doigt le recours tardif aux ambulances bruxelloises et s'en est ouverte lundi dans la presse.
Les services de secours ont travaillé rapidement et de manière efficace, a affirmé le gouverneur devant la Commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars. Le gouverneur s'est gardé de tirer des conclusions définitives sur le déroulé des événements à la suite de l'attentat commis à l'aéroport national. Le travail d'évaluation est en cours, a-t-il indiqué, et ce n'est qu'à la fin du mois que le bilan pourra être fait.
Le directeur du centre d'appel d'urgence de la province, Eric Engels, s'est dit blessé par les informations publiées. "Cela fait très mal", a-t-il déclaré. "J'ai engagé de nombreuses personnes ce jour-là, qui ont tout donné". Entre 7h et 19h, pas moins de 668 appels ont été traités, concernant aussi bien l'attentat que des interventions de routine.
Quant au directeur médical en charge du secours des blessés le 22 mars, il a contesté tout problème d'ambulances. Les blessés sont d'abord stabilisés avant d'être évacués vers un hôpital. "On a toujours eu assez d'ambulances", a expliqué le lieutenant-colonel Eric Mergny, ajoutant que le parking réservé aux ambulances étaient limité.