L'endométriose accentue le risque de fausse couche
Outre de fortes douleurs pelviennes et des risques accrus d'infertilité, l'endométriose, qui touche près d'une femme sur dix, entrainerait aussi un sur-risque de fausse couche. Jusqu'à présent ce lien relevait de la simple suspicion. Le doute est à présent levé par une vaste étude française.
Une équipe de l'hôpital Cochin, à Paris, a examiné les questionnaires préopératoires de 750 femmes ayant déjà été enceintes et suivies au service de gynécologie pour une intervention bénigne. A l'occasion de l'opération, 284 d'entre elles ont été diagnostiquées endométriosiques. Dans ce groupe, les chercheurs ont constaté que 139 grossesses avaient abouti à un avortement spontané (soit 29,1%), contre seulement 19,4% dans le groupe contrôle. Soit un écart de près de 10% !
Et une fois les chiffres ajustés en laissant de côté les facteurs extérieurs pouvant favoriser une fausse couche et biaiser les résultats, le pourcentage passe à 19,6% pour les femmes atteintes de cette maladie gynécologique inflammatoire et à 12,3% dans l'autre groupe.
Le fossé est encore plus large entre les deux groupes lorsque des troubles de la fertilité ont duré au moins un an par le passé. Dans ce cas, la moitié des femmes souffrant d'endométriose font un avortement spontané, contre 30% de celles qui ne sont pas atteintes.
Reste à mieux comprendre les mécanismes en jeu dans ce lien entre endométriose et fausse couche précoce. Raison pour laquelle de nouvelles recherches à ce propos ont d'ores et déjà été lancées.