Une idée " lumineuse " pour traiter la douleur chronique

La lumière comme alternative aux analgésiques ? Une étude canadienne montre qu'elle pourrait être utilisée pour bloquer l'activité des neurones responsables de la souffrance. Ses conclusions confirment les promesses de l'optogénétique, une approche thérapeutique novatrice, non invasive et sans effets secondaires, qui consiste à modifier génétiquement des cellules afin de les rendre réactives à la lumière.
Les chercheurs ont élevé des souris ayant une sensibilité à la lumière dans les neurones du système sensoriel périphérique, connus pour être responsables de la transmission de la douleur. Ces souris ont été modifiées génétiquement pour que des neurones spécifiques, les nocicepteurs Nav 1.8+, expriment des protéines appelées opsines qui réagissent à la lumière. Puis, elles ont été exposées à une lumière jaune-orange inoffensive.
Résultat : les opsines déplacent des ions positifs à travers leur membrane, ce qui diminue l'activité bioélectrique des cellules. Concrètement, cela " éteint " les neurones de signalisation de la douleur, dans une partie circonscrite du corps de la souris, ici les pattes arrière, et atténue la sensibilité de l'animal au toucher et à la chaleur. Les chercheurs ont aussi réussi à moduler la durée de l'effet en jouant sur le temps d'illumination.
Cette solution pourrait permettre d'éviter la surconsommation de produits à base d'opiacés et les addictions, voire les overdoses qui s'en suivent, chez les patients souffrant de douleurs chroniques. De nouvelles avancées en neurosciences sont toutefois encore nécessaires pour que cette méthode soit applicable aux êtres humains.