Les antidépresseurs allongeraient le cordon durant la grossesse
Cette étude finlandaise débouche sur une constatation étonnante : traiter la dépression pendant la grossesse avec des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) favoriserait un cordon ombilical long.
Sachant que 7 à 19% des femmes enceintes souffrent de dépression, les chercheurs ont suivi 24 818 femmes ayant accouché entre 2002 et 2012 avec l'intention d'analyser les effets des antidépresseurs les plus couramment prescrits, les ISRS, sur le cours de la grossesse, le développement du foetus et l'état de santé à la naissance des bébés.
L'étude a relevé qu'1,7% des participantes faisait usage d'antidépresseurs, en majorité des ISRS, et parmi ces derniers surtout le citalopram. Elle a ensuite montré que les enfants de mères ayant utilisé ce médicament pendant la grossesse présentent des cordons ombilicaux plus longs, des scores de faible activité à la naissance, et sont deux fois plus susceptibles de se retrouver en soins intensifs que les autres nourrissons.
Outre un risque d'enroulement du cordon autour du bébé, cette observation suggère aussi que l'exposition in utero aux ISRS entraîne une activité foetale augmentée. Un long cordon ombilical peut par ailleurs affaiblir la circulation foetale, exposer le foetus à un manque d'oxygène ou encore entraîner des complications lors de l'accouchement.
Prudence néanmoins, car comme le concèdent les chercheurs, leurs résultats peuvent aussi s'expliquer par la dépression de la mère qui, qu'elle soit traitée ou non, provoque certains changements au cours de la grossesse et l'accouchement.