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Médecine anti-âge : l'ARM ne croit pas aux hormones

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L'Académie royale de médecine dans un avis récent estime qu'il y a place pour une médecine anti-vieillissement s'il s'agit de ralentir les effets néfastes de celui-ci. Mais cette médecine " doit s'appuyer sur des médicaments qui agissent sur les voies de signalisation cellulaires impliquées et non sur un traitement hormonal qui n'est pas conforme pour le moment à la médecine basée sur les preuves ".

Nicolas de Pape - 6 juin 2016

L'ARM constate que PubMed contient 9.861 articles dans la littérature comportant les termes " anti-aging medicine " dont 958 dans des revues, preuve de la vitalité de cette "spécialité". Qui n'est pas étrangère au fait que l'American Academy of Anti-Aging Medicine compte pas moins de 26.000 médecins et scientifiques.

Mais la quantité fait-elle la qualité ? L'ARM ne le pense pas : " La première question que soulève la médecine anti-âge est celle de la validité de ses objectifs ", pointe l'ARM. " L'hormonothérapie est une approche a priori rationnelle puisque la production de plusieurs hormones diminue avec l'âge notamment celle de testostérone, de déhydroépiandrostérone (DHEA) et d'hormone de croissance, avec un effet négatif notamment sur la masse musculaire ". Mais elle ajoute : " Aujourd'hui en Belgique, aucune hormone n'a pour indication le traitement du vieillissement et de ses conséquences. "

Par exemple, l'hormone de croissance est indiquée " uniquement dans le cas d'un déficit sévère avéré en hormone de croissance dans le contexte d'une pathologie hypothalamo-hypophysaire avérée ". L'indication de la mélatonine est le traitement à court terme de l'insomnie primaire chez les patients âgés de 55 ans ou plus. Et aucun médicament à base de DHEA n'est enregistré en Belgique, " bien que la DHEA puisse faire l'objet d'une prescription magistrale et est aussi disponible sur internet " fait tout de même observer l'ARM.

La vénérable institution a mené une revue de pas moins de 18 essais cliniques randomisés. Résultat : " l'administration d'hormone de croissance aux personnes âgées ne produit que des changements d'ampleur limitée de la composition corporelle avec apparition d'effets indésirables comme des oedèmes, des arthralgies et de la gynécomastie ".

Conclusion : la médecine anti-vieillissement a bien sa place mais elle reposera sans doute davantage sur " des médicaments ciblant les voies de signalisation cellulaires impliquées dans le vieillissement qui auront démontré leur efficacité par des essais cliniques à grande échelle ".

De quoi réalimenter le débat des pour et des contre.

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