Grèves versus innovation
Après les attentats terroristes du 22 mars, la Belgique a accumulé les bévues. Les responsabilités des uns et des autres ont été pointées. Les grèves se sont succédé : aiguilleurs du ciel, agents de sécurité aéroportuaires, gardiens de prison, chemins de fer jusqu'à une grève générale et au finish. Le tout sur fond d'effondrement de plusieurs ouvrages d'art (tunnels). La patience de nos compatriotes est à bout. Il leur faut des heures pour rejoindre leur lieu de travail. À tel point que de nombreux éditorialistes on ne peut plus sérieux et qui pourfendent par ailleurs tant le Belgium Bashing que l'autoflagellation s'interrogent sur ce pays de cocagne, passé du surréalisme de Magritte à une situation chaotique nettement moins sympathique.
Et pourtant, il faut éviter la prophétie auto-réalisatrice : nous sommes nuls, donc nous allons sombrer et nous serons encore plus nuls donc l'effondrement est proche.
Une occasion nous en est donnée avec le prix Galien (lire pages 10, 11 et 32) qui récompense trois secteurs hyper-innovants et qui font la fierté de la Belgique : l'industrie pharmaceutique de recherche, la recherche phamacologique universitaire et, pour la première fois cette année, le secteur des dispositifs médicaux.
Oui : notre pays recèle des pépites, abrite de nombreux cerveaux. Le secteur privé collabore de plus en plus étroitement avec les universités et le secteur hospitalier. Les patients sont nombreux à participer à des études cliniques, lesquelles foisonnent sur notre territoire.
Alors, bien sûr, la défédéralisation permamente a affaibli notre pays en suçant la moelle de notre Etat fédéral tandis que les entités fédérées accueillaient souvent maladroitement et sans enthousiasme leurs nouvelles compétences (c'est clairement le cas avec la 6e Réforme de l'Etat). C'est vrai : la situation à l'heure d'écrire ces lignes, sur fond de grèves au finish et de pluies interminables prête au pessimisme.
Mais la Belgique reste une terre de prospérité et de solidarité et sans doute le restera-t-elle encore longtemps. Il suffit parfois de s'en convaincre en publiant davantage de bonnes nouvelles.