Amyotrophie spinale : un premier exosquelette conçu pour les enfants
C'est un bel exploit qui devrait redonner de l'espoir aux enfants handicapés moteurs. En Espagne, le Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) et la société Marsi Bionics, une start-up spécialisée dans l'élaboration d'exosquelettes pédiatriques, ont en effet réussi à développer un exosquelette motorisé dernier cri, spécifiquement destiné aux enfants atteints d'amyotrophie spinale. L'objectif : les aider à marcher, et parfois pour la première fois, mais aussi leur éviter de développer des complications telles que l'ostéoporose, la scoliose ou la sclérose.
Destiné aux enfants âgés de 3 à 14 ans, le dispositif a été conçu pour la prise en charge du type 2 de cette maladie d'origine génétique, due à la dégénérescence des motoneurones, des cellules nerveuses qui stimulent et commandent les muscles.
Le type 2 de l'amyotrophie spinale est diagnostiqué entre les 7 à 18 premiers mois de vie l'enfant. Ceux qui en sont atteints ne sont pas aptes à marcher en raison de leur faiblesse musculaire et l'espérance de vie est sérieusement affectée par cette absence de mobilité.
Un des défis pour cet exosquelette était de lui donner la faculté d'adaptation aux changements neuromusculaires associés à la maladie au fil du temps. Un défi relevé puisque l'appareil est capable de varier automatiquement la rigidité de sa fixation en fonction de l'état du patient.
Tout en aluminium et en titane et d'un poids global de 12 kg, il est composé d'un corset constitué de tiges longues de soutien, ou orthèses, qui sont ajustées pour tenir autour des jambes et du torse de l'enfant. Dix électromoteurs (cinq pour chaque jambe), placés dans les articulations, imitent les muscles humains et donnent à l'enfant la force nécessaire pour se tenir debout et marcher. Enfin, une série de capteurs, un indicateur de mouvement et de positionnement, une batterie capable de fonctionner cinq heures d'affilée et une manette intégrée complètent le système.
Ultrasophistiqué et d'ores et déjà breveté, le nouveau dispositif est actuellement en phase préclinique. Il sera prochainement utilisé à plus grande échelle, en physiothérapie, dans des hôpitaux madrilènes et barcelonais pour éviter les effets secondaires associés à la perte de la mobilité. Ses concepteurs comptent le modifier à l'avenir afin d'aider les enfants souffrant d'autres incapacités motrices.