Absym + GBO
Le système de concertation mutuelles/syndicats médicaux est en danger mais pas pour la raison que l'on croit. Ce n'est pas dû aux diktats gouvernementaux ou au mélange des genres mais à la relève. La situation dans les syndicats médicaux est préoccupante. Les jeunes ne se pressent pas au portillon. Le " jeune " médecin anversois qui devait remplacer Jacques de Toeuf à la présidence de l'Absym, Luc De Clercq, a finalement rejeté la proposition. Marc Moens rempile une nouvelle fois. On entend çà et là des bruissements. Dans les Chambres syndicales et au GBO, des jeunes s'investissent en nombre restreint. Mais ils ne seront prêts que dans 10 ou 15 ans.
Combien de mois, d'années faut-il pour maîtriser la monstrueuse difficulté de la législation sur l'assurance-maladie ? Qui veut encore, en plus de sa patientèle (André Wynen, lorsqu'il cofonda les Chambres syndicales, exigea que celles-ci soient représentées par des médecins pratiquants), passer trois soirées à l'Inami et étudier des dossiers complexes chaque dimanche? Certains ont frôlé le burnout et, maintenant que tout cela est derrière eux, se sentent libérés d'un grand poids.
Jacques de Toeuf, 70 ans, qui a quitté la présidence de l'Absym samedi dernier, continuera de siéger, comme d'autres de sa génération, pour " affronter " les mutuelles, mais ce n'est certainement pas pour le pouvoir.
Et s'il n'y avait guère qu'une seule solution pour la pérennité du système de concertation : que les syndicats médicaux engagent des médecins dévolus 100% à la défense professionnelle et payés à cet effet ? Exactement comme le personnel mutualiste. C'est déjà le cas du président du GBO, Paul De Munck, qui se dévoue entièrement au syndicat généraliste.
A tout le moins, le combat syndical devrait être mené à mi-temps. Des personnalités comme Yves Louis, par exemple, président des Chambres Gand-Courtrai, pourraient alors se laisser tenter.
En parallèle, une recomposition du paysage syndical n'est pas impossible.
Dit comme ça, cela semble énorme. Mais ça s'insinue dans certaines têtes. Et si, face à AADM, l'Absym se restructurait ? Si, d'un côté le GBS et de l'autre le GBO se présentaient comme monospécialiste ? Et si tous s'alliaient pour former un giga-syndicat bispécialiste et bilingue ? Après tout, le GBO et sa vision de santé publique, face à une Absym moins corporatiste qu'auparavant ne sont pas si antinomiques.
Du côté mutuelliste, par contre, on ne voit toujours pas la formation d'un grand pôle " libre " (Mutualité libres, neutres et libérales) face aux piliers socialiste et chrétien...