Des cellules souches diminuent les séquelles d'un AVC

L'idée selon laquelle les dommages cérébraux sont irréversibles est désormais battue en brèche suite aux résultats d'un essai clinique de phase 1, mené à l'Université de Standford, auprès de 18 patients âgés en moyenne de 61 ans, victimes d'un AVC entre 6 mois et 3 ans avant l'opération. Tous présentaient des lésions au niveau des régions cérébrales responsables des fonctions motrices et plusieurs d'entre eux ne pouvaient plus marcher, tandis que d'autres ne pouvaient plus bouger leur bras.
Depuis les années 2000, un vaste champ de recherche s'est ouvert pour essayer de réparer les dégâts cérébraux post-AVC grâce à des cellules souches. C'est dans ce cadre que l'équipe du Pr Gary Steinberg a injecté directement dans le cerveau des 18 patients, au niveau des tissus lésés, un cocktail de cellules mésenchymateuses génétiquement modifiées pour qu'elles se différencient en cellules neurales. Ces cellules sont les plus fréquemment utilisées, car elles ne nécessitent pas de traitement immunosuppresseur et les données de sécurité sont rassurantes.
Dans les semaines qui ont suivi cette procédure chirurgicale, l'état neurologique des patients s'est objectivement amélioré. Avec un an de recul, les chercheurs ont obtenu une amélioration de leur déficit moteur, sans complications notables. Certains ont retrouvé l'usage de leur bras. Un homme de 71 ans en fauteuil roulant a même pu remarcher.
Ces résultats sans précédent représentent une étape importante pour la médecine régénérative. Reste qu'il s'agit d'un essai de faible envergure. Raison pour laquelle l'équipe de Stanford a d'ores et déjà amorcé une nouvelle étude randomisée avec 156 patients.
(référence : Stroke, 2 juin 2016, doi : 10.1161/STROKEAHA.116.012995)