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Retour aux sources...

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Tout comme les premières Porsche, le Boxster restylé en revient au 4 cylindres à plat (" Flat 4 "). Mais les moteurs sont ici gonflés par le souffle du turbo. Voyons ce que ça donne et comment ça sonne.

Olivier Maloteaux - 29 juin 2016

Les mauvaises langues critiquent d'emblée le passage du Flat 6 au Flat 4 qui accompagne le restylage du Boxster. Certains crient même à l'hérésie. Pourtant, la première Porsche, la 356, portait elle aussi sur son dos un moteur à 4 cylindres à plat (d'origine Volkswagen, rappelleront les critiques...). D'une certaine manière, Porsche opère donc un retour aux sources en équipant son Boxster restylé (et rebaptisé) d'un 4 cylindres à plat, boosté ici par le souffle du turbo. Mais la vraie raison de ce changement n'est pas historique ; elle tient dans les normes de dépollution toujours plus strictes et la volonté d'abaisser les émissions de CO2...

Matricule 718

S'il est bien une tradition à laquelle Porsche est attaché, c'est le concept d'appellation de ses modèles à l'aide de trois chiffres : 911, 356, 917, 959 ou 550 sont des nombres qui comptent dans le monde de l'automobile. Pour leur lifting, les voitures de sport deux portes à moteur central de Porsche adoptent ce principe et s'appelleront désormais 718 Boxster et 718 Cayman. L'appellation 718 choisie par le constructeur de Stuttgart fait référence à une voiture de course sortie en 1957 et qui engrangea de nombreux succès en compétition.

En plus de son matricule, le Boxster s'offre un costume redessiné. Extérieurement, à l'exception du capot de coffre, du pare-brise et de la capote, tout est neuf. Dedans, la planche de bord est également redessinée, de même que le volant. Et on note aussi l'arrivée du système multimédia Porsche Communication Management (PCM) de dernière génération, doté d'un nouvel écran tactile.

" Flat 4 "

Mais la plus grande nouveauté de ce lifting, c'est donc le fait que le Boxster troque ses moteurs 6 cylindres atmosphériques contre de plus petits 4 cylindres turbocompressés, toujours d'architecture Boxer (à cylindres à plat opposés deux à deux). La version de base du 718 Boxster embarque un 2.0 turbo de 300 ch et 350 Nm de couple. Pour rappel, le 2.7 Flat-Six atmo du Boxster développait 265 ch et 280 Nm de couple. Quant à la nouvelle version " S ", elle embarque un 2.5 Flat-Four turbo de 350 ch et 400 Nm (l'ancien 3.4 Flat-Six du Boxster délivrait 315 ch et 360 Nm).

Petite précision technique : le turbo du 2 litres souffle plus fort (1,4 bar) que celui du 2.5 (1,0 bar), qui est le seul à disposer d'une turbine à géométrie variable (comme sur les 911 Turbo et Turbo S) pour offrir une meilleure réponse à bas régimes. Dans tous les cas, d'une génération à l'autre, le downsizing booste donc la puissance (+35 ch), tout en abaissant la consommation jusqu'à 13% (soit pratiquement 1l/100 km de moins). Mais le plaisir des sens est-il toujours aussi intense ?

En route !

En écoutant le son du Flat 4 au ralenti, on a souri... Par nostalgie : la mélodie des nouveaux moteurs évoquent indéniablement celui des Cox d'antan bien préparées ou des Porsche 356 les plus musclées. Un crépitement acyclique typique et plutôt sympathique. Gaz ouverts en grand, la musique change et est ici plus rythmée que celle d'un Boxer Subaru, par exemple. La Porsche donne plus de voix. Voire un peu trop avec l'échappement sport optionnel, qui tonne façon course, mais qui camoufle un peu la mélodie naturelle du Flat 4 en accentuant les réverbérations du son.

Notre essai débute avec la version " S ". Son moteur 2.5 pousse fort et répond sans temps mort. Notamment grâce à un système de " précharge " du turbo qui limite le temps de réponse et aussi par le fait que la turbine ne soulage pas la pression lors des brefs lâchers d'accélérateur. Bref, on a l'impression de rouler avec un gros atmosphérique, d'autant que le sifflement de la turbine est très discret. On apprécie aussi l'allonge du moteur, qui grimpe joyeusement jusqu'à 7.500 tr/min.

Ensuite, on se glisse à bord de la version de base à moteur 2 litres. Et là, franchement, nous avons été positivement épatés. Car la différence avec la " S " est peu marquée ! Chiffres à l'appui, on constate d'ailleurs que c'est la version de base qui évolue le plus : elle gagne 100 Nm et près d'une seconde sur le sprint du 0 à 100 km/h. Elle devient également bien plus remplie à mi-régime, là où les anciens Flat 6 atmosphériques manquaient de " coffre ". Ils ne se réveillaient qu'après 4.000 tr/min, pour ensuite il est vrai frôler les 8.000 rotations par minute. Le Flat 4 turbo est donc un peu plus lissé, mais franchement sympathique.

Encore plus de tenue

Et le châssis suit bien le rythme. Il a même été peaufiné pour ce restylage, avec l'adoption d'un train arrière qui reprend des éléments de celui du Cayman GT4 et qui repose sur des combinés ressorts/amortisseurs raffermis. La direction est plus directe de 10% et les freins sont renforcés : la version de base chausse les disques de l'ancienne " S " et la nouvelle " S " ceux de la 911 Carrera. Rien que ça !

En virage, le Boxster nouveau est encore plus tranchant et efficace qu'avant. Le train avant croque les courbes et on ressent parfaitement ses limites dans le volant. L'équilibre est épatant : ce roadster pivote sur lui-même comme une toupille, mais sans jamais se montrer instable. Une quasi-perfection dynamique qui nous fait réclamer une bonne dose de chevaux supplémentaires sous le capot arrière.

Le verdict

Pour mieux faire passer la pilule du 4 cylindres, Porsche nous l'enrobe d'un nom de code (718) chargé d'histoire. Il n'y avait pourtant pas besoin d'en faire tant. Certes, en chantant comme une Cox d'antan, cette Porsche a retrouvé l'accent populaire des origines, mais cette mécanique ne manque pas de noblesse ni de souffle et ne limite pas le plaisir. Une belle réussite, en particulier dans le cas de la version de base, pratiquement aussi performante que la " S ". Mais ces petites Porsche se monnaient toujours au prix fort...

Retour aux sources...

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