Plus de 20% de reçus-collés par le "concours Marcourt"

Sur les 1.112 candidats qui ont présenté l'épreuve instaurée depuis cette année en fin de 1er bachelier, 246 étudiants ne sont pas parvenus à se classer parmi les meilleurs.
Le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt a livré mardi en commission du Parlement communautaire les résultats du nouveau concours de sélection en médecine, rapporte l'agence Belga.
Sur les 1.112 candidats, seuls 582 étudiants se sont placés en ordre utile. Mais 108 d'entre eux n'ont toutefois pas rempli la deuxième condition à leur passage vers le 2e bachelier, à savoir la réussite d'au moins 45 crédits.
Ceux-là pourront tenter d'engranger les crédits manquants à l'occasion de la seconde session, prévue en septembre prochain.
Sur les 530 étudiants qui ne sont pas parvenus à se classer en ordre utile au concours, 246 ont quant à eux bien engrangé les crédits requis. Sans le nouveau concours, ceux-là auraient donc été autorisés à poursuivre leurs études.
Tout espoir n'est toutefois pas perdu pour ces "reçus-collés". En fonction des résultats de seconde session, certains d'entre eux pourront en effet bénéficier de l'attestation de passage des étudiants qui n'auront toujours pas atteint le seuil minimal de 45 crédits acquis à l'issue de la session de septembre.
Enfin, les reçus définitivement collés pourront soit recommencer le concours l'année prochaine, soit se réorienter vers d'autres études scientifiques où les crédits acquis cette année pourront être valorisés.
Sujet sensible
On attendait un communiqué commun des doyens mercredi 8 juillet à l'issue d'une réunion mise en place pour la circonstance. Mais, étrangement, rien n'est alors sorti, s'étonnait-on.
"Les résultats globaux, puisque les universités pour des raisons budgétaires veulent éviter de publier des résultats individulaisés, sont donc inconnus pour le moment", remarque Nicolas de Pape, rédacteur en chef du jdM.
Pourtant déjà des témoignages de reçus-collés étrpubliés par la presse mainstream. Leur nombre important pourrait expliquer le silence des doyens pour le moment.
Selon des sources étudiantes et donc, insistons sur ce point, sous réserve de confirmation par le conseil des doyens, ils seraient 29 à Liège, 38 à Mons, 70 à Namur. Il n'y en a aucun à l'ULB et les chiffres pour l'UCL ne sont pas encore connus.
Emotion compréhensible
Une situation qui crée des réactions émotives compréhensibles. Ainsi, ce témoignage dans l'Avenir d'une maman d'une étudiante de l'UMons qui a réussi mais qui est recalée car hors le quota de 67 numéros. Et de reprendre les arguments économiques entendus dans les années 80 : la ministre De Block et les syndicats médicaux souhaitent la pénurie pour négocier des honoraires plus élevés.
Sur quelle base, les reçus-collés pourraient-ils intenter des actions ? Selon le Cium, une porte juridique qui leur est ouverte est d'arguer que le décret Paysage de Jean-Claude Marcourt permet le passage en 2e avec seulement 45 crédits. La FEF (Fédération des étudiants francophones) les soutiendra quel que soit le cas de figure. Selon le Dr Quentin Lamelyn, porte-parole du Cium, des actions en justice, notamment à Mons, sont inévitables.
Au niveau des reçus-collés, la frustration domine. "Lorsqu'on est 69e sur 67, on peut le comprendre. Il y a aussi ce sentiment d'être sacrifiés pour qu'on puisse donner des numéros à ceux qui passent en 3e", pointe Quentin Lamelyn. "Toutefois, la majorité des étudiants se résout au fait que l'épreuve est un mal nécessaire."
Un examen à la Flamande ?
"Il diminuerait peut-être le sentiment de frustration mais il produit des surnuméraires. De plus, axé sur des matières non médicales, il est socialement plus injuste, surtout transposé dans le contexte plus inégalitaire des Humanités en francophonie. Nous sommes ouverts à tout mais une année propédeutique est également coûteuse."
Le Cium voit toutefois un ultime avantage à un examen à l'entrée : il expurgerait les matières générales (math, chimie, physique) ce qui libérerait le 1er quadrimestre et permettrait de faire plus de stages en fin d'année.