La fatigue chronique serait liée à un déséquilibre du microbiote intestinal

Alors qu'une étude britannique (1) révèle que les patients souffrant de fatigue chronique ressentent plus d'anxiété et de détresse, qu'ils ont plutôt tendance à cacher leurs émotions et à taire leurs symptômes et, finalement, à adopter un comportement de fuite ou de déni face au stress, une autre recherche (2), américaine celle-là, montre que ce syndrome pourrait être lié à un déséquilibre du microbiote intestinal.
Les biologistes de l'Université Cornell ont eu l'idée de chercher du côté des intestins car les malades se plaignaient souvent de douleurs et de dérèglements gastro-intestinaux. C'est ainsi qu'ils ont séquencé l'ADN de la flore intestinale de 48 patients atteints de fatigue chronique et l'ont comparé à celui de 39 témoins sains.
L'analyse montre que, dans l'ensemble, la diversité des types de bactéries est considérablement réduite chez les malades mais aussi que les bactéries les plus fréquentes chez les malades sont des espèces dites pro-inflammatoires, au détriment des espèces anti-inflammatoires comme c'est le cas dans d'autres affections telles que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse.
Autre constat : des marqueurs spécifiques de l'inflammation sont identifiés dans le sang des patients atteints, suggérant une perméabilité intestinale qui laisse passer les bactéries dans le flux sanguin, ce qui déclenche une réponse immunitaire et aggrave les symptômes.
Ces résultats confirment l'origine biologique de la maladie au détriment d'une origine psychologique. Toutefois, les scientifiques ne savent pas si le déséquilibre bactérien est une cause ou une conséquence du syndrome.
(références :
(1) Health Psychology, 16 mai 2016, DOI : 10.1037/hea0000341,
(2) Microbiome, 23 juin 2016, DOI : 10.1186/s40168-016-0171-4)