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Fermer nos frontières aux prestataires de soins étrangers ?

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Comme l'écrivait le journal du Médecin en janvier dernier, la Belgique a attiré 3.000 médecins européens en cinq ans. Un afflux qui inquiète l'Association belge des syndicats médicaux (Absym), mais également les dentistes par le biais des Chambres syndicales dentaires (CSD) et des dentistes flamands du Verbond der vlaamse tandartsen (VVT). Tous ont dénoncé le manque de places pour les prestataires de soins belges à la suite d'un afflux de diplômés étrangers.

Rédaction Web - 15 juillet 2016

L'afflux de prestataires de soins diplômés à l'étranger pose essentiellement problème pour trois raisons, selon les associations : le risque d'offre médicale excédentaire, la maîtrise d'une des trois langues nationales et, point sans doute le plus important, la qualité de la formation.

Un surplus gênant

L'afflux de diplômés étrangers risque de créer un excédant. " Si la planification en termes de personnel n'est pas respectée, nous ferons vite face à une situation d'offre excédentaire ", regrettent en coeur l'Absym et le VTT pour qui il n'existe pas de vide à combler, et donc, aucune raison d'assister à une recrudescence de prestataires de soins étrangers.

La maîtrise d'une des trois langues nationales

Pour obtenir un numéro Inami, un examen linguistique doit être passé. Toutefois, ils " sont si faciles qu'un étranger qui, par défaut, parle parfaitement l'une de ces trois langues, se voit autorisé à soigner des patients dans chacune des trois Communautés ", dénoncent le VVT et l'Absym.

Un Français pourrait dès lors exercer en Flandre sans parler un mot de néerlandais. " Un patient doit être abordé dans la langue de sa communauté et non dans une des trois langues nationales. C'est ce qui est légalement prévu dans la Loi relative aux Droits du patient ", ajoutent les associations de dentistes et de médecins.

La formation

L'Absym se pose la question de la qualité de la formation de ces prestataires de soins. L'association regrette d'ailleurs que les diplômés en médecine ressortissants de l'Union européenne puissent venir travailler en Belgique, sans examen d'admission, car ces derniers ne correspondraient pas toujours au niveau d'excellence belge.

Le système belge est discriminatoire, assure l'Absym. " Les jeunes médecins se voient rafler leurs places par des ressortissants de l'UE qui décrochent parfois plus facilement leur diplôme. "

C'est pas nous, c'est l'Europe

Maggie De Block et Rudy Demotte, compétents pour l'agrément et le contingentement des professions des soins de santé, soulignent, par la voie de leurs porte-paroles, que la reconnaissance des diplômes est automatique et relève de l'Europe. " La réglementation européenne précise que toutes les formations doivent être de même qualité ", explique Els Cleemput, porte-parole de Maggie De Block.

" La reconnaissance du diplôme est automatique ", ajoute Laetitia Naklicki, porte-parole de Rudy Demotte. " Si les syndicats veulent changer quelque chose, ils doivent s'adresser à l'Europe. " Avant d'ajouter, lorsqu'il s'agit d'une spécialisation, que " les travailleurs étrangers doivent passer par la Commission d'agrégation. Quand des différences sont constatées, une remise à niveau est obligatoire ".

Les revendications

Au niveau de la formation, tant les CSD que le VVT et l'Absym demandent une évaluation scientifique de la formation des diplômés étrangers. Les trois associations demandent également une révision des critères d'obtention de l'agrément et une évaluation scientifique de la formation. En outre, le VVT et l'Absym exigent l'imposition d'un quota maximal à l'afflux migratoire.

Aussi, " un numerus fixus doit être établi et tous les candidats aux études de médecine ou dentisterie - y compris les ressortissants étrangers - doivent prendre part à un examen d'entrée fédéral. Il est essentiel de réserver à nos propres jeunes le nombre de places de dentistes et de médecins à pourvoir. Si, toutefois, il restait encore des places, les prestataires de soins étrangers pourraient alors se les voir proposer. "

Médecins et dentistes plaident enfin pour une planification des ressources humaines " grâce à laquelle tous les candidats aux études de médecine et dentisterie (francophones, néerlandophones ou étrangers) seraient traités de la même manière ".

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