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Au-delà du contingentement, la pénurie de MG

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La médecine générale figure dans la liste des métiers en pénurie établie par le Service de veille, analyse et prospective du marché de l'emploi du Forem (AMEF) pour 2015.

Nathalie Degand - 19 juillet 2016

En 2015, la profession de MG est identifiée par le Forem comme étant en pénurie, c'est-à-dire que la réserve de main d'oeuvre (soit les demandeurs d'emploi inoccupés inscrits au Forem) est insuffisante au regard des besoins du marché. Une tendance corroborée par les statistiques et projections de la Commission de planification de l'offre médicale.

Pour établir cette liste, l'AMEF se base sur des enquêtes de suivi des offres d'emploi réalisées par des conseillers du Forem auprès des employeurs qui ont déposé au moins une offre d'emploi au Forem en 2015.

Trois critères entrent en compte pour que la fonction soit retenue comme critique: volume minimum de 20 postes suivis dans l'année, taux de satisfaction pour les postes du métier concerné inférieur à la moyenne de l'ensemble des métiers (soit 91,0% en 2015), délai de satisfaction des postes supérieur à la moyenne (29,6 jours en 2015). Pour que le métier soit considéré comme étant en pénurie, il faut en outre que le rapport entre le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés au 31/12/2015 et le nombre d'opportunités d'emploi gérées par le Forem soit inférieur à 1,5.

Charlotte Thomas, de l'AMEF, soulève deux points concernant l'entrée du métier de généraliste dans cette liste de métiers en pénurie. "Le métier de généraliste constitue un cas particulier par rapport aux autres métiers de la liste", a-t-elle commenté. "En effet, d'une part on dénombre assez peu d'offres - mais néanmoins suffisamment pour que le métier entre en ligne de compte pour les statistiques pour la première fois", explique-t-elle. "Et d'autre part, il semble que peu de médecins s'inscrivent au Forem en tant que demandeurs d'emploi."

Pour les MG, le taux de satisfaction pour les postes de MG à pourvoir était de 44,4% (contre une moyenne de 91% en 2015), le délai de satisfaction atteignait 49,6 jours (contre 29,6 jours en moyenne). Quant au ratio DEI (demandeurs d'emploi inoccupés)/opportunités d'emploi, il était de 0,35, donc largement inférieur au ratio de 1,5 posé comme balise.

On cherche: MG et psychiatres

Lorsqu'on envisage ces offres davantage dans le détail, il ressort que pour 2015, 17% des opportunités d'emploi médicales concernaient Bruxelles, 44% la Flandre, 37% la Wallonie, tandis que 2% concernaient un job à pourvoir à l'étranger. Dans la plupart des cas, ces offres s'adressaient à des MG.

Dans le pays, 39% des offres de postes de MG concernaient la Flandre, 19% la Wallonie, 10% Bruxelles, le solde étant réparti entre vingt spécialités, majoritairement la psychiatrie et la médecine du travail. Pour la Wallonie, 52% des opportunités concernent des médecins généralistes et 26% des spécialistes en psychiatrie. Les régions les plus "demandeuses" étant le sud et le centre du Hainaut ainsi que Liège.

Quant aux employeurs potentiels, il s'agit des hôpitaux généraux (15%), des cabinets médicaux (12%), des agences de travail temporaire et de placement (11%), des activités de santé mentale (7%) et des administartions publiques de santé (8%).

L'AMEF a recoupé ces chiffres avec ceux des dernières études réalisées dans le cadre du cadastre des médecins publié par le SPF Santé publique et la Commission de planification. Ces tendances viennent par ailleurs appuyer les scénarios de base de l'évolution de la force de travail "médecins" 2012-2037. On y retrouve peu ou prou les mêmes profils de pénurie mettant en exergue les difficultés de recrutement pour les MG ainsi que pour certaines autres spécialisations comme la psychiatrie et la gériatrie. "Serait-ce le signe d'une perturbation de ce marché spécifique", s'interroge alors l'office pour l'emploi.

Vieillissement des prestataires et de la population, féminisation de la profession, pourcentage d'étudiants étrangers qui retourneront ensuite pratiquer dans leur pays,... sont des facteurs pris en compte pour expliquer ce déficit de candidats à l'emploi en médecine générale et dans quelques autres spécialités. Oserait-on ajouter, abandon de pratique au cours des cinq premières années, en ce qui concerne la MG?

Les listes dressées par le Forem ont deux buts principaux. D'une part, la liste des fonctions critiques sert à orienter les actions menées par le Forem, notamment en terme d'amélioration de la qualification de la main d'oeuvre, etc. D'autre part, en ce qui concerne les métiers en pénurie, leur liste permet d'établir une liste d'éudes pouvant être entamées par des personnes au chômage tout en bénéficiant d'une dispense.

Même si les universités ont depuis quelques années entrepris de redorer le blason de la MG, il semblerait qu'il reste encore du travail dans ce domaine. Par ailleurs, cette étude soulève une nouvelle fois un paradoxe: le lien entre contingentement et pénurie est complexe... Un cadastre dynamique s'avère nécessaire.

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