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Réaction (dys)immunitaire

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La réaction inflammatoire découlant d'une piqûre de moustique faciliterait la réplication et la propagation des virus portés par le moustique, au lieu de les combattre. C'est ce qui ressort d'une étude récemment parue dans la revue Immunity.

Peter Raeymaekers - 22 juillet 2016

Les moustiques sont de retour, en force qui plus est. Non contents de ruiner nos nuits par leur bourdonnement, les moustiques nous gratifient également de piqûres qui provoquent de désagréables démangeaisons. En soi, ces réactions sont assez bénignes, sauf pour celui qui est allergique à la salive de moustique, ou si ce dernier est de type Aedes aegypti ou Aedes albopictus et donc porteur d'arbovirus comme le zika, la dengue ou le chikungunya.

Avant de sucer le sang, le moustique injecte une grande quantité de salive aux propriétés anticoagulantes dans la peau de l'hôte. La bestiole empêche ainsi le sang de coaguler pendant qu'elle l'aspire. La salive du moustique déclenche ensuite une réponse immunitaire par laquelle divers groupes de globules blancs, dont des neutrophiles, des macrophages et des cellules myéloïdes progénitrices s'accumulent localement. On pourrait penser qu'une telle réaction empêche les arbovirus portés par les moustiques de se multiplier et de se propager, mais il semblerait bien que ce soit le contraire.

Le chercheur Clive McKimmie de l'université de Leeds, au Royaume-Uni, a injecté des virus SFV4 dans des souris, préalablement piquées ou non par un moustique à l'endroit de l'injection. Chez 70% des souris non piquées, aucune particule du virus n'a pu être décelée dans le sérum 24après injection. Par contre, chez toutes les souris piquées par le moustique, le virus s'était répliqué dans le sang et, pour la moitié d'entre elles, propagé jusqu'au cerveau et ailleurs. Conséquence : dix jours après l'infection, 40% des souris piquées étaient mortes. Toutes les souris non piquées par les moustiques étaient par contre en vie.

"L'influx local de globules blancs permet vraisemblablement la réplication et la propagation virale", ajoute McKimmie. "Lorsque nous bloquons cet influx, aucune infection n'a lieu", ajoute-t-il. L'intéressé pense donc que les cellules myéloïdes constituent la cible principale des virus, dont ils se servent pour se propager dans le corps.

La méthode préventive la plus efficace contre le zika, la dengue ou le chikungunya reste d'éviter la piqûre du moustique tigre ou du moustique de la dengue. Le chercheur n'exclut cependant pas que l'utilisation d'une crème topique contre la réaction inflammatoire permette également de diminuer significativement la contamination virale. Ce n'est là qu'une hypothèse à confirmer lors de recherches ultérieures.

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