La maladie de Crohn affecte également le cerveau

En procédant à différents tests cognitifs avec 49 patients atteints de la maladie de Crohn, âgés en moyenne de 44 ans, et en comparant leurs résultats à ceux de 31 volontaires témoins en bonne santé, âgés de 43 ans en moyenne, des chercheurs australiens ont découvert que les malades avaient des temps de réponse 10% plus longs.
Cette lenteur est associée de manière significative avec les symptômes d'inflammation active, et donc les douleurs abdominales typiques et la fatigue. Elle va également dans le sens des plaintes fréquentes des patients atteints par cette maladie sur leurs difficultés à se concentrer, leurs troubles de la pensée ou leurs trous de mémoire. Et ce n'est pas tout puisque l'étude montre également que les malades sont plus enclins à souffrir de dépression et d'une moindre qualité de sommeil, des troubles liés à un déclin intellectuel plus sévère.
Bien que le mécanisme ne soit pas encore totalement élucidé, les auteurs considèrent que l'inflammation de l'intestin provoque à son tour l'inflammation de l'hippocampe, une zone du cerveau qui joue un rôle de premier plan en matière de mémoire.
Ces résultats renforcent l'idée qu'il s'agit d'une maladie multi-systémique, ayant un large éventail de conséquences et affectant les patients bien au-delà de l'intérieur du tube digestif. Donc, pour les chercheurs, il convient qu'elle soit prise en charge dans toutes ses manifestations, en prenant en compte la déficience cognitive qu'elle implique.
(référence : United European Gastroenterology Journal, 8 août 2016, doi : 10.1177/2050640616663397)