La pilule augmenterait le risque de dépression, surtout chez les ados

Des chercheurs danois ont étudié l'association entre les différentes méthodes de contraception hormonale (pilules oestroprogestative et microprogestative, patch, implant ou anneau vaginal) et la dépression, à partir des données de plus d'un million de femmes, âgées de 15 à 34 ans, sans antécédents de dépression et suivies de 2000 à fin 2013. Plus de la moitié de ces femmes (55,5%) étaient sous contraception hormonale. Parmi elles, 133 178 se sont vues prescrire des antidépresseurs pendant la période de suivi tandis que 23 077 ont été diagnostiquées dépressives à l'hôpital.
Selon les résultats, une femme placée sous pilule combinée (oestroprogestative) multiplie par 1,23 le risque de prise d'antidépresseurs et par 1,1 celui de se voir diagnostiquer une dépression. Pour celles qui reçoivent la pilule microprogestative (une seule hormone), les mêmes risques augmentent puisqu'ils sont respectivement multipliés par 1,34 et 1,2. Autre constat : la probabilité de prendre des antidépresseurs et celle d'être dépressive est encore plus importante avec l'utilisation d'un stérilet hormonal, d'un anneau vaginal ou d'un patch contraceptif.
Troisième conclusion notable : les adolescentes sont les plus vulnérables. Pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans qui prennent la pilule oestroprogestative, le risque de se faire prescrire des antidépresseurs est multiplié par 1,8 et celui de souffrir de dépression l'est par 1,7. Pire: en cas de prise de pilule progestative, ces chiffres s'élèvent respectivement à 2,2 et à 1,9.
Ultime précision : il s'agit d'une étude d'association qui ne démontre pas un lien de causalité et qui incite dès lors à poursuivre les recherches.
(référence : JAMA Psychiatry, 28 septembre 2016, doi : 10.1001/jamapsychiatry.2016.2387)