Dépistage des sujets à risque de prédiabète : l'enfer est pavé de bonnes intentions

À force de vouloir faire simple, on finit par rendre les choses compliquées. Des investigateurs (pour cette fois le mot est très bien choisi) ont eu la curiosité d'évaluer un test adoubé par 3 sociétés médicales américaines qui figure sur internet et qui est supposé repérer les sujets à haut risque de pré-diabète sans avoir besoin de test biologique.
Le test en question comporte 7 items portant sur l'âge, le sexe, les antécédents familiaux de diabète, les antécédents de diabète gestationnel, l'existence d'une hypertension artérielle, le niveau d'activités et le poids corporel.
Les personnes ayant un score de 5 ou plus sont supposées être à haut risque de pré-diabète et il leur est conseillé de consulter leur médecin.
L'intention est louable, mais...
... mais à partir des données d'un échantillon représentatif de la population américaine de plus de 10.000 personnes, les investigateurs arrivent à la conclusion que sur cette base il y aurait 73,3 millions d'Américains qui devraient consulter et que cela concernerait 58,7% des sujets de 40 ans et plus et 80,8% des sujets de 60 ans et plus.
Si la santé n'a pas de prix, elle a un coût et en l'occurrence, les investigateurs plaident pour l'emploi d'une méthode validée de façon à éviter la médicalisation d'un état dont personne ne parlait il y a dix ans de cela et qui trouve ses racines dans nos mauvaises habitudes en matière d'alimentation et d'activité physique.
En clair, cela signifie que l'on ferait mieux d'allouer nos ressources au dépistage des sujets les plus à risque de diabète et à la prévention de l'obésité.