Les mensonges désinhibent le cerveau

Non seulement, il existe une accoutumance du cerveau aux mensonges, mais en plus un petit mensonge finit par en entraîner un autre plus important, et ainsi de suite. C'est l'effet " boule de neige " que viennent de mettre en évidence des chercheurs britanniques après avoir analysé les scanners de 80 adultes mis dans des situations où ils avaient le loisir et l'intérêt de mentir.
A partir d'une photographie représentant un vase de verre rempli de pièces de monnaie, les participants devaient en estimer le montant. Ils étaient motivés à falsifier la vérité de plusieurs façons, soit pour leur propre intérêt, soit pour celui de l'équipe qu'ils formaient avec une personne inconnue.
Les scientifiques ont découvert que le mensonge provoque une stimulation importante de l'amygdale, la partie du cerveau responsable de la mémoire émotionnelle. Mais ils ont aussi observé que l'amplitude de la réponse de l'amygdale décline ensuite au fur et à mesure que les mensonges, toujours plus osés, se succèdent.
Ainsi en termes d'affects, une désensibilisation naît de la répétition. C'est ce qu'on appelle l'adaptation émotionnelle, laquelle peut donc mener sur une "pente savonneuse" où les petits arrangements dégénèrent en de gros mensonges, la faute au cerveau qui finit même par y prendre goût.
(référence : Nature neuroscience, 24 octobre 2016, doi:10.1038/nn.4426)