Foie gras : vigiline, la protéine qui agit comme une sorte d'écluse

En étudiant le rapport entre excès de poids et fonctionnement du foie ainsi que le processus qui mène de la maladie du foie gras à un événement cardiovasculaire, des scientifiques suisses, allemands et américains ont identifié dans les cellules hépatiques une protéine, la vigiline, qui régule la libération de graisse dans l'organisme, et constitue une nouvelle cible très prometteuse.
Les chercheurs ont détecté la présence de vigiline en grande concentration dans les cellules du foie de souris obèses puis chez les humains en surpoids. Chez les personnes atteintes de la maladie du foie gras, ils ont constaté une forte corrélation entre le niveau de vigiline et le taux de graisse dans les cellules hépatiques.
Ils montrent par ailleurs les deux principales fonctions de la vigiline : d'une part réguler les protéines qui transportent la graisse vers le foie, d'autre part accroître de manière indirecte la production de l'ApoB, une protéine responsable de la libération de triglycérides du foie dans le flux sanguin. Or ces triglycérides peuvent provoquer un rétrécissement vasculaire, et, à terme, une crise cardiaque ou un AVC. La hausse de vigiline dans le foie de souris conduit effectivement à des dépôts importants dans les vaisseaux.
Compte tenu de ces divers constats, les auteurs de l'étude voient dans la vigiline une cible de choix en vue de développer de nouveaux médicaments qui permettront de lutter non seulement contre la stéatose hépatique mais également contre l'hypercholestérolémie et le risque cardiovasculaire.
(référence : Nature Communications, 26 septembre 2016, doi : 10.1038/ncomms12848)