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Lésions articulaires du genou : la solution pend-t-elle sous le nez ?

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Nul besoin parfois d'aller regarder plus loin que le bout de son nez pour trouver une solution thérapeutique. Des chercheurs de l'hôpital universitaire de Bâle ont en effet peut-être trouvé un moyen original d'accélérer la guérison des blessures du genou : l'auto-greffe de cellules du cartilage nasal.

Luc Ruidant - 7 novembre 2016

Les lésions cartilagineuses du genou constituent un enjeu de santé de taille. En Europe et aux Etats-Unis, chaque année, environ deux millions de personnes souffrent de séquelles articulaires provoquées par un traumatisme à cet endroit du corps.

Le principal problème est que le cartilage du genou, comme tout cartilage articulaire, se reconstitue mal et lentement. Les chondrocytes, cellules qui composent le cartilage, ont un très faible taux de régénération, et les lésions tissulaires deviennent vite irréversibles. En cas de rupture du ligament croisé antérieur, par exemple, la rééducation peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

En revanche, le cartilage qui est présent dans le nez, au niveau de la cloison nasale, notamment, s'"auto-répare" efficacement. Autre avantage, les chondrocytes y bénéficient d'une certaine élasticité et s'adaptent ainsi aisément à un autre environnement articulaire tel que... le genou. D'où l'idée, initiée en 2012 par les scientifiques suisses, de tester ces chondrocytes prélevées dans la cloison nasale pour fabriquer un nouveau cartilage.

Pour vérifier leur hypothèse, ils ont recruté dix patients, huit hommes et deux femmes, âgés de 18 à 55 ans, tous souffrant des conséquences de blessures au genou et ayant accepté de se faire prélever un morceau de cartilage nasal de 6 millimètres de diamètre environ.

Les cellules récoltées par biopsie, sous anesthésie locale, ont été exposées, pendant deux semaines, à des facteurs de croissance. Puis, pendant une quinzaine de plus, elles ont été cultivées dans une matrice de collagène. En est ressorti un morceau de cartilage 30 mm par 40, épais de 2 mm, qui a été implanté dans la zone articulaire fémorale lésée des volontaires, à la place du cartilage abîmé.

Résultat ? Au bout de deux ans, 9 patients sur 10 ont rapporté une réduction de la douleur ainsi qu'une amélioration de la qualité de vie et de la mobilité articulaire de leur genou. Un IRM a permis de confirmer que le cartilage nasal s'est bien intégré à la structure du genou, se rapprochant de la composition du tissu initial. Le tout sans effet secondaire ou complication et sans aucune différence due à l'âge. Un des patients a certes dû être opéré une seconde fois mais cette intervention faisait suite à une nouvelle blessure sportive, indépendante de l'expérience.

Bref, cette expérience s'avère pleine de promesses pour la prise en charge des lésions du cartilage. Basée sur le principe de l'auto-greffe, la technique est efficace et peu invasive. Reste maintenant à transformer l'essai en menant des études sur de plus larges populations et en comparant les résultats qui viennent d'être obtenus avec ceux des traitements existants.

Une analyse du rapport coût-efficacité est également indispensable avant que ce traitement ne soit approuvé par les autorités sanitaires européennes et américaines.

(référence : The Lancet, 22 octobre 2016, DOI : 10.1016/S0140-6736(16)31658-0)

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