Insulinothérapie dans le diabète de type 2, y réfléchir à 2 fois (ou plus)

Lorsque les classiques règles hygiéno-diététiques appropriées ne parviennent pas à obtenir le contrôle glycémique des diabétiques de type 2, les directives actuelles prônent le recours à un traitement médicamenteux à sélectionner parmi l'ensemble des antidiabétiques, insuline comprise.
Le ratio bénéfice/risque de l'insuline en pareille circonstance n'étant pas clairement établi, une équipe française a évalué au travers de critères cliniquement pertinents l'efficacité et la sécurité d'emploi de l'insulinothérapie versus les hypoglycémiants ou les modifications des habitudes de vie ou un placebo. Au total, 20 essais randomisés contrôlés totalisant 18.599 patients et rapportant les effets sur la mortalité globale, cardiovasculaire et par cancer ainsi que les événements cardiovasculaires majeurs non mortels, les complications microvasculaires et les hypoglycémies ont été analysés.
Il s'avère à l'arrivée que l'insuline n'apporte pas de bénéfice par rapport aux autres options étudiées, ni en termes de mortalité ni en termes de complications micro ou macrovasculaires sur les deux critères principaux d'évaluation d'efficacité que sont la mortalité globale et la mortalité cardiovasculaire.
Il y a en revanche une plus grande probabilité significative d'hypoglycémies par rapport aux hypoglycémiants et tout particulièrement d'hypoglycémies sévères.
Dr Jean-Claude Lemaire d'après