Fausse couche : les retentissements psychologiques mal évalués

Cette étude britannique montre non seulement, comme on pouvait s'en douter, qu'il est fréquent que les femmes souffrent de stress post-traumatique après une fausse couche ou une grossesse extra-utérine, mais aussi que l'impact de l'événement est largement sous-estimé dans la mesure où elles ne trouvent pas de soutien psychologique adéquat.
Les chercheurs ont recruté et interrogé par questionnaire 186 femmes dont 128 avaient perdu leur bébé prématurément tandis que les 58 autres (groupe témoin) étaient enceintes, sans complication.
Les résultats ont révélé qu'un mois après l'interruption prématurée de leur grossesse, 28% des femmes présentent les symptômes caractéristiques d'un syndrome de stress post-traumatique (cauchemars, pensées intrusives ou indésirables, flashbacks...), 32% souffrent d'anxiété et 16% sont en dépression.
Trois mois après l'issue dramatique, ce sont près de quatre femmes sur dix (38%) qui sont touchées par le syndrome alors que la part de l'anxiété (20%) et celle de la dépression (5%) sont à la baisse. En outre, près d'un tiers ont déclaré que leurs symptômes ont eu un impact sur leur vie professionnelle.
Précisant qu'il y a peu de différence entre les femmes victimes d'une fausse couche et celles qui ont eu une grossesse extra-utérine, les auteurs déplorent le fait que ces femmes sont souvent laissées face à elles-mêmes et ils plaident pour le développement de traitements appropriés, comme la thérapie cognitivo-comportementale.
(référence : British Medical Journal, 2 novembre 2016, doi : 10.1136/bmjopen-2016-011864)