Mieux prendre en charge le diabète
Une meilleure prise en charge du diabète: c'était le thème central qu'a voulu aborder Abbott en organisant il y a peu, à La Hulpe, un colloque qui a réuni une grande partie des intervenants en la matière. L'objectif était de présenter d'une part la nouvelle convention en matière d'autogestion de patients atteints de diabète sucré et d'autre part le système de mesure de glucose interstitiel: FreeStyle Libre permettant de faciliter la vie des patients ainsi que le suivi par le médecin traitant.
Augmenter la compliance, améliorer la qualité de vie et diminuer les coûts
La prise en charge des diabètes de types 1 et 2 reste difficile. Le contrôle glycémique continu offre la possibilité au patient de mieux comprendre sa maladie et donc de mieux la gérer avec des bénéfices multiples en termes tant de qualité de vie que pharmaco-économiques.
Pour le Prof. Christophe De Block (UZA), président de la Diabetes Liga, il n'y a pas de mystère: "Nous ne pourrons améliorer l'état des patients diabétiques que lorsque ceux-ci pourront atteindre les objectifs fixés par les recommandations." Or, selon les études menées dans la "vraie" vie, comme CODE-2 datant de 19991 ou PANORAMA (2009)2, on constate qu'environ 30 à 40 % seulement des patients présentant un diabète de type 2 atteignent l'objectif glycémique, c'est-à-dire une HbA1c inférieure à 7%. Pour les patients diabétiques de type 1, les chiffres ne sont pas vraiment meilleurs...
"Parmi les facteurs qui influencent ce comportement, on retrouve certainement la responsabilité du médecin qui sous-estime parfois les besoins du patient, mais aussi celle du patient qui ne comprend pas sa maladie. Par ailleurs, le système dans son ensemble ne les aide pas, en n'offrant pas assez de possibilités de prise en charge multidisciplinaire." Or, différentes études ont montré que plus l'autocontrôle est pratiqué, plus l'HbA1c diminue tant chez le diabétique de type 1 que de type 2 et quelle que soit l'insuline utilisée, chez le patient atteint par un type 1.
Résultat : même dans le diabète de type 2, une augmentation de la compliance de 25 % au traitement antidiabétique s'accompagne à la fois d'une réduction de 17 % du risque d'hospitalisation toutes causes confondues ainsi que d'une diminution du risque de mortalité globale.
"Par ailleurs, il est important également de maîtriser le mieux possible la variabilité de la glycémie au cours de la journée afin d'adapter au mieux le traitement. Cela évitera les pics d'hyperglycémie et limitera les hypoglycémies." Il est dès lors essentiel d'identifier ces événements glycémiques anormaux, de déterminer leur survenue et d'en déterminer les causes afin que le patient puisse agir en conséquence.
Prendre le contrôle de sa maladie
La mise sur le marché du nouvel appareil FreeStyle Libre constitue une révolution en soi. Pas plus grand qu'un smartphone, il affiche sur son écran couleur la glycémie actuelle, mais aussi le profil glycémique des 8 heures précédentes et la tendance de la glycémie dans les heures qui suivent, symbolisée par une flèche montante, horizontale ou descendante. Le contrôle du profil glycémique ambulatoire (AGP) permet de plus d'observer la variation de la glycémie sur une plus longue période. Elle permet d'améliorer la prise en charge, mais surtout donne au patient l'information nécessaire pour qu'il comprenne mieux sa maladie et son influence dans sa vie de tous les jours. "Cette mesure en continu offre donc un aspect éducationnel non négligeable. De plus le patient peut également observer ce qui se passe durant la nuit", précise le spécialiste.
L'étude belge RESCUE a été menée en Belgique dans 17 hôpitaux belges sur 554 patients atteints de diabète de type 1 dont 56,4% de femmes. La population concernée était principalement adulte (87,7 %) avec une durée moyenne du diabète de 19 ans. L'HbA1c se situait en moyenne à 7,4 % (7,6 % pour les adultes et 7 % pour les enfants) et le nombre de tests par jour était de 5,2.
Pour le Prof. Christophe De Block, l'hypoglycémie constitue la meilleure raison pour commencer une surveillance continue, principalement pour les patients mal contrôlés par leur traitement. "Une des conséquences les plus positives est l'augmentation de la qualité de vie de nos patients." Ceci a d'ailleurs des conséquences pharmaco-économiques importantes: ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le FreeStyle Libre est remboursé totalement pour les patients diabétiques de type 1 en Belgique ainsi que partiellement pour une partie des patients diabétiques de type 2.
Références :
2. http://www.em-consulte.com/en/article/709576
ACP-2016-ADC-229