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Les médecins "étrangers" de plus en plus nombreux en Belgique

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Le nombre de médecins diplômés à l'étranger mais exerçant en Belgique augmente de façon spectaculaire. La députée Catherine Fonck (cdH), qui a récolté et analysé de nombreuses statistiques belges et européennes, tire la sonnette d'alarme : "parmi les nouveaux médecins en droit de prester en Communauté française, 4 sur 10 sont diplômés hors de Belgique."

Vincent Claes - 8 décembre 2016

"En Communauté française, la proportion de nouveaux agréments de médecins octroyés à des professionnels détenteurs d'un diplôme de base non belge est passée de 28,5% en 2011 à 41,1% en 2015. La progression est constante, révèle le Dr Fonck. Ainsi, parmi les nouveaux professionnels en droit de prester en Communauté française, 4 sur 10 sont diplômés hors de la Belgique." Cette croissance est moins importante de l'autre côté de la frontière linguistique. "En Communauté flamande la proportion de nouveaux agréments de médecins octroyés à des professionnels détenteurs d'un diplôme de base non belge est passée de 9,5% en 2011 à 16,1% en 2015. La progression est forte mais connait un léger fléchissement depuis 2014. En Flandre, près d'un nouveau professionnel en droit de prester sur six est détenteur d'un diplôme délivré hors de la Belgique."

Pour l'ensemble du pays, 71,9% des nouvelles demandes d'agrément en médecine générale et spécialisée étaient en 2015 le fait de diplômés belges, 25,8% de diplômés européens et 2,3% de diplômés hors Europe.

1 dentiste sur 2

Cette arrivée des praticiens étrangers est encore plus importante en dentisterie. En Fédération Wallonie-Bruxelles, 51,6% des nouveaux agréments de dentistes en 2015 ont été accordés à des détenteurs d'un diplôme étranger (pour 45,8% en 2011). En Flandre, l'augmentation du nombre de ces agréments est très forte. La proportion de nouveaux agréments octroyés à des professionnels formés hors de Belgique est passée de 9,2% en 2011 à 35,5% en 2015.

La députée humaniste se défend d'être opposée à la mobilité des médecins en Europe. "Que du contraire, j'ai moi-même profité d'un stage à l'Hôpital Necker à Paris durant mes études de néphrologie. Mais il est primordial de garantir la qualité et les compétences des prestataires exerçant dans notre pays. Mon objectif n'est pas du tout de remettre en question la mobilité internationale. Une filière d'aspiration est créée depuis quelques années. Elle ne s'inscrit pas dans cette dynamique de mobilité internationale des praticiens offrant une plus-value. Nous avons un devoir de lucidité et d'efficacité par rapport à ce phénomène."

La cheffe de groupe cdH au parlement regrette que la ministre De Block n'ait pas récemment adapté la directive européenne ad hoc afin de permettre d'exiger une connaissance linguistique suffisante de la part des médecins étrangers qui viennent travailler en Belgique et de leur délivrer, sur base d'un examen de leurs parcours de formation et professionnel, une licence de pratique curative. "La législation européenne permet de prendre des réglementations dans les pays membres lors de la transposition d'une directive. Ainsi, l'Autriche, organise quatre fois par an des examens de langue allemande pour les praticiens non-germanophones qui souhaitent y travailler. Les Pays-Bas le font aussi en néerlandais. La Belgique a choisi de ne pas le faire. C'est regrettable."

Elle demande également de revoir les quotas globaux des numéros Inami à la lumière de ces statistiques. Catherine Fonck s'étonne d'ailleurs que Maggie De Block, qui dispose également de ces statistiques, produites par la cellule planification du SPF Santé Publique, n'en tire pas des conclusions.

Accès direct aux stages

Catherine Fonck rappelle que les médecins et dentistes titulaires d'un diplôme étranger de base ne sont pas soumis au contingentement. "Ils obtiennent donc leur stage de spécialisation sans limitation, excepté la disponibilité des places de stage." Or, on le sait, dans certaines spécialités les places de stages sont rares. En 2015, un nouveau candidat stagiaire sur six en FWB ne dispose pas d'un diplôme belge et n'a donc pas été soumis au contingentement pour démarrer sa formation.

Après cette annonce, Marc Moens, président de l'Absym a déclaré qu'il ne pouvait que se ranger derrière Mme Fonck.

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