"Un MG français gagne moins qu'un coiffeur"

Avec une consultation de 23 euros, un médecin généraliste gagne moins qu'un coiffeur, pointe un dossier sur la démographie médicale en France réalisé par Le Figaro. Mêmes constats que chez nous : âge moyen élevé, déserts médicaux dans certaines provinces, listes d'attente chez les spécialistes " intellectuels ", un quart des 8.000 diplômés annuels qui ne s'installent jamais, manque de places de stage malgré un numerus clausus multiplié par trois et 30% de postes vacants dans les hôpitaux.
Mutatis mutandis, la situation de la démographie médicale française est comparable à la nôtre, souligne une enquête publiée dans Le Figaro (13 décembre 2016). Deux mois d'attente pour décrocher un rendez-vous chez un gynécologue, 4 mois chez un opthalmologiste.
Pourtant, la France ne manque pas de médecins inscrits à l'Ordre : 285.840 au 1er janvier 2016 soit avec 205.000 médecins actifs une densité de 3,3 médecins pour 1.000 habitants, trois fois plus qu'en 1980.
Problème : à Paris, la moitié des médecins ont 60 ans ou plus et les cohortes sont mal réparties sur le territoire : 798 médecins pour 100.000 habitants à Paris, 180 seulement dans l'Eure. D'ici 2025, un généraliste sur quatre pourrait disparaître. La politique d'installer 1.000 médecins indépendants dans les campagnes se heurte au prix de la consultation, 23 euros, moins qu'une coupe de cheveu chez le coiffeur. Sur les 8.000 médecins formés chaque année, un quart ne s'installent jamais. Le numerus clausus a été triplé depuis 15 ans mais aucun poste d'enseignant supplémentaire n'a été créé. 30% des postes hospitaliers restent vacants. Le président de l'InterSyndicat des internes (ISNI), Olivier Le Pennetier s'exclame dans Le Figaro : "On n'arrive déjà pas à faire passer tous les externes dans des cabinets de médecine générale faute de maîtres de stage. Sans parler de la surcharge des services hospitaliers en étudiants".
Faut de programmation digne de ce nom, "on risque de se retrouver avec trop de médecins à un moment donné. Une vague de jeunes va arriver dans une dizaine d'années qui aura du mal à s'intégrer dans un système qui se sera adapté à la relative pénurie", observe Claude Le Pen, le célèbre économiste de la santé. "Le numerus clausus est un outil grossier, c'est prendre un marteau-pilon pour faire de la dentelle."
Selon un sondage Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne, réalisé auprès de 1003 personnes les 6 et 7 décembre, une immense majorité de Français disent "non" à certains projets de François Fillon. 90% sont opposés à la baisse annoncée des dépenses publiques en matière de santé, 89% sont contre une baisse des dépenses pour les retraites, l'éducation (86%), la justice (82%). Et, ce front du refus est trans-partisan.