Pneumonie chez les diabétiques, quid de la corticothérapie ?

Les pneumonies communautaires sont fréquentes chez les diabétiques et font se poser la question du bien-fondé de l'utilisation de la prednisone en raison de ses effets hyperglycémiants et donc d'un risque de perte du contrôle glycémique.
Cet aspect a été étudié par une équipe helvétique dans le cadre d'une sous-analyse préspécifiée de l'essai STEP multicentrique prospectif randomisé contrôlé versus placebo, mené en double aveugle et ayant concerné 726 sujets hospitalisés suite à une pneumonie d'origine communautaire.
Les résultats analysés concernent les 138 sujets diabétiques et sont tout à fait rassurants.
Non seulement la prednisone (50 MG:J pendant 7 jours) n'a pas eu d'effets délétères sur le plan du pronostic et du diabète, mais elle était de plus associée à un délai avant stabilisation clinique plus court (critère principal) soit 4,5 versus 6,8 jours correspondant à un ratio des risques relatifs (HR) de 1,65 (IC 95% 1,16 - 2,35, p = 0,007).
Les résultats sont indépendants du degré de contrôle du diabète au moment de l'hospitalisation.
Il n'a été noté aucun effet délétère de la prednisone sur aucun des critères secondaires évalués, durée d'hospitalisation, mortalité, durée du traitement antibiotique, complications et continuation à 30 jours d'une éventuelle initiation d'une insulinothérapie pendant l'étude.
Les investigateurs concluent qu'il n'y a aune raison de se priver des bénéfices de la prednisone chez les diabétiques.
Dr Jean-Claude Lemaire d'après