Précautions autour de l'E-cigarette

Pour la dernière Commission Santé wallonne, Clotilde Leal Lopez, députée cdH, a interpellé le ministre Prévot sur la prévention liée aux e-cigarettes. Début du mois paraissait un rapport du Dr Vivek Murthy, médecin en chef des États-Unis, indiquant que les cigarettes électroniques représentaient un danger majeur pour la santé publique et notamment pour les jeunes vapoteurs.
La publication de cette étude, la plus exhaustive effectuée à ce jour sur ce sujet par les autorités sanitaires fédérales, avec plus de 150 experts, intervient au moment où le vapotage atteint des proportions alarmantes parmi les jeunes. "La consommation de cigarettes électroniques a explosé au cours des dernières années, augmentant de 900% parmi les étudiants de 2011 à 2015", souligne dans une préface au rapport le Dr Vivek Murthy.
"Le danger ne s'arrête pas aux usagers, car les aérosols produits par le vapotage peuvent exposer passivement les autres à des substances chimiques", continue Mme Léal Lopez qui se base sur ce rapport.
Interdit aux moins de 16 ans
Le ministre wallon de la Santé rétorque tout d'abord qu' "en Belgique, l'e-cigarette avec nicotine est considérée comme un produit du tabac et est, par conséquent, interdite à la vente aux jeunes de moins de 16 ans, conformément à la loi du 24 janvier 1977 relative à la protection de la santé des consommateurs"
En ce qui concerne le nombre d'utilisateurs, "il est difficile d'estimer l'importance de la population de jeunes fumeurs d'e-cigarettes, avec ou sans nicotine, dans notre pays. Des études de la Fondation contre le cancer montrent que l'usage de l'e-cigarette aurait doublé entre 2014 et 2015 en Belgique. En Europe, 6 millions de fumeurs auraient remplacé totalement ou en partie le tabac par la cigarette électronique."
Principe de précaution
Le ministre indique clairement que le vapotage devrait être déconseillé, sauf en tant que moyen de réduction des risques, pour réduire le recours à la cigarette et donc aux dangers auxquels elle expose.
Concernant les substances toxiques mentionnées par la députée cdH, le ministre répond que d'après ses informations, "aucune exposition passive à des substances toxiques dégagées par l'e-cigarette n'a encore pu être démontrée. On ne retrouve dans les locaux qu'ils fréquentent que des traces de nicotine, inoffensives à ces doses."
Toujours est-il qu'il convient de rester prudent face à l'inhalation de substances chimiques qui sont élaborées et distribuées dans un but uniquement commercial, selon Maxime Prévot, qui dénonce par-là les lobbies cigarettiers et alcooliers.
"En conclusion, même si le vapotage devrait être déconseillé à tout utilisateur, j'insisterai néanmoins sur le fait qu'il est un moyen de réduction des risques. Il peut réduire le recours à la cigarette et donc les dangers auxquels elle expose. Selon les professionnels, il peut donc être conseillé pour les fumeurs qui n'arrivent pas à arrêter par d'autres moyens. Pour les autres, l'alternative la plus sûre reste l'utilisation des substituts nicotiniques."
La femme enceinte et l'enfant en bas âge
Le vapotage chez la femme enceinte devrait être déconseillé faute de connaissance suffisante sur les effets potentiellement nocifs pour l'enfant à naître. Les consommateurs d'e-cigarette se doivent en outre d'être très prudents, car les e-liquides, contenant de la nicotine, peuvent avoir des effets toxiques aigus chez l'enfant qui les ingèrerait. À très haute dose, la nicotine est en effet mortelle.
Les actions menées
Des associations subsidiées par la Wallonie, tels le Fonds des affections respiratoires (Fares) et la Fondation contre le cancer, organisent des actions afin de sensibiliser les professionnels à la manière d'aborder l'e-cigarette avec leur public jeune et moins jeune. "Il importe d'adopter une démarche de prévention personnalisée dans tous leurs milieux de vie des jeunes", spécifie Maxime Prévot
Ces associations proposent des modules de formation aux professionnels et consacrent une partie de leur site Internet sur le sujet. Par ailleurs, le Fares vient d'éditer un outil de sensibilisation sur la cigarette électronique, dans le cadre du Plan wallon sans tabac. Les médecins ont un rôle à jouer puisque le ministre prévoit de les employer, au même titre que les professionnels du social et de l'éducation, afin de sensibiliser le grand public.