Pendant la grossesse, le cerveau change aussi

Cette étude menée par des chercheurs espagnols et danois montre encore une fois la puissance d'adaptation du corps humain, et plus particulièrement du cerveau.
Des examens d'imagerie médicale leur ont permis d'analyser le cerveau de 25 femmes devenues mères pour la première fois, avant et après leur accouchement. La comparaison des résultats à ceux qu'ils ont obtenus en observant de la même manière le cerveau de 19 pères, 17 hommes sans enfants et 20 femmes n'ayant jamais accouché indique une certaine diminution de matière grise dans des régions cervicales bien spécifiques, notamment celles qui sont liées aux aptitudes sociales comme la perception et l'interprétation des désirs, des émotions, des intentions et de l'humeur d'autrui ou de soi-même. Ce sont des aptitudes qui présentent des déficiences dans certaines pathologies ou handicaps, comme la schizophrénie et l'autisme.
En revanche, chez les femmes enceintes ou venant d'accoucher, l'activité neuronale augmente lorsqu'elles voient les photos de leurs bébés.
Plus étonnant encore, ces modifications varient selon l'attachement affectif entre la mère et son enfant dans la période post-partum. Plus le cerveau change, plus la relation mère-bébé est de nature fusionnelle.
Les auteurs ont émis l'hypothèse que de telles modifications, qui persistent pendant au moins deux ans après la grossesse, auraient pour but de préparer les futures mères aux changements impliqués par la venue d'un enfant et d'améliorer leur instinct protecteur et leur empathie à l'égard de leur bébé, sans pour autant diminuer leurs capacités intellectuelles.
(référence : Nature Neuroscience, 19 décembre 2016, doi:10.1038/nn.4458)