La testostérone pourrait être un espoir pour traiter la sclérose en plaques

Impliquée dans la fertilité masculine, la pilosité ou encore le développement musculaire, la testostérone aurait d'autres vertus, notamment celle, étonnante, de favoriser les comportements sociaux. C'est en tout cas ce qu'ont conclu des chercheurs français et américains après avoir injecté l'hormone ou un placébo à des jeunes individus masculins.
Et ce n'est pas tout. Des scientifiques de l'Inserm viennent de découvrir le rôle réparateur de la testostérone et de son récepteur dans le processus de régénération de la gaine de myéline qui entoure les fibres nerveuses et qui permet la transmission rapide de l'information entre le cerveau ou la moelle épinière et le reste du corps. Des tests sur la souris l'ont confirmé. Privés de leurs testicules ou de récepteurs des androgènes, les rongeurs présentaient en effet des lésions au niveau de la myéline, le processus de régénération spontanée ayant été perturbé.
Les auteurs expliquent leur découverte par le fait que la maturation des cellules spécialisées dans la synthèse de la myéline (les oligodendrocytes) est alors défectueuse. Et, selon eux, la raison vient sans doute du passé. Dans l'évolution des vertébrés avec mâchoire, le récepteur des androgènes est apparu au même moment que la myéline, ce qui expliquerait leur lien très fort.
Sachant que la myéline est parfois détruite chez les malades souffrant de sclérose en plaques ou après une blessure, ces résultats inattendus et essentiels ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques contre la maladie auto-immune. Ils pourraient également être bénéfiques pour la recherche sur les pathologies psychiatriques ou le vieillissement cognitif.
(référence : PNAS, 20 décembre 2016, doi : 10.1073/pnas.1614826113)