L'âge dangereux de la ménarche

Une équipe de chercheurs italo-américaine vient de lever un coin du voile d'une association qui restait jusqu'ici obscure.
L'âge de la ménarche a été associé par le passé de manière assez variable avec la survenue, le moment et la sévérité d'un trouble dépressif majeur (MDD), mais rarement avec les troubles bipolaires et les troubles anxieux.
Les auteurs ont mené leur étude dans un centre spécialisé pour le traitement des troubles de l'humeur en Sardaigne.
Ils ont pu rassembler 1139 femmes dont 557 souffraient d'un MDD selon le DSM-IV, 223 d'un trouble bipolaire de type 1 et 178 d'un trouble bipolaire de type 2 ainsi que 181 de troubles anxieux. Ces femmes étaient nées entre 1904 et 1998 avec un âge moyen de 42,9 ans. L'âge moyen de la survenue de la ménarche était de 12,8 ans (12,7-12,9). Les troubles, quels qu'ils soient, sont apparus à 30,9 ans en moyenne, mais avec une grande différence entre les pathologies allant de 25,8 ans pour les troubles anxieux à 34,1 pour la MDD.
Les chercheurs ont constaté que l'âge de la ménarche a reculé au cours du siècle et était associé avec la survenue plus précoce des troubles mentaux. Cela était aussi associé à l'absence de fratrie, à une histoire familiale de troubles psychiatriques au premier degré, à un environnement rural, des tendances suicidaires, l'usage de drogues et être sans emploi.
Par ailleurs, la ménarche précoce et la survenue précoce de la maladie mentale étaient significativement associées dans tous les groupes d'âge considérés. En plaçant les différents troubles évalués dans l'étude par rapport à l'âge de la ménarche, le classement verrait arriver les troubles dépressifs, les troubles anxieux puis les troubles bipolaires I et II. Ceci suggère, selon les auteurs, qu'il existe des facteurs de maturation biologiques qui interviennent. L'âge de la ménarche est en tout cas un facteur prédictif d'après les résultats de leur étude.
Tondon L et al. Age at menarche predicts age at onset of major affective and anxiety disorders European Psychiatry January 2017 ; 39 : 80-85