Troubles bipolaires : le rôle central des facteurs neurotrophiques

Les troubles bipolaires sont caractérisés par une diminution importante du volume cérébral de la matière grise. Une étude vient d'identifier l'un des facteurs principaux expliquant le phénomène.
C'est une équipe européenne qui vient de mettre en évidence l'importance du facteur neurotrophique cérébral (BDNF). Ce dernier avait déjà été proposé comme biomarqueur en relation avec l'activité de la maladie et de sa progression. L'objectif de leur étude était de déterminer si le taux sérique de BDNF pouvait être associé avec le volume de la matière grise et quelles étaient les différences avec les sujets contrôles.
Ils ont donc étudié 36 sujets hospitalisés pour dépression majeure associée à un trouble bipolaire et 17 sujets sains. Ils ont tenu compte des covariables comme l'âge, le sexe ou le traitement au lithium.
Dans leur analyse, il apparait clairement que les patients bipolaires présentent un taux sérique de BDNF significativement plus élevé que les sujets sains. De plus, la réduction du volume de matière grise a été constatée dans différentes aires cérébrales comme la tête du noyau caudé, la circonvolution parahippocampique, le gyrus temporal supérieur, etc.
L'association entre le taux de BDNF et le diagnostic est particulièrement forte au niveau du gyrus frontal moyen. De manière paradoxale, chez les sujets sains, de hauts taux de BDNF sont liés à un grand volume de matière grise.
Pour les auteurs, cela s'explique par le fait que l'augmentation du BDNF chez les patients atteints de troubles bipolaires est due à une réaction de l'organisme, tentant de compenser la perte de matière grise. Toutefois, les effets du BDNF semblent entravés par des processus neuroinflammatoires.
Poletti S et al. Brain-derived Neurotrophic Factor (BDNF) and gray matter volume in bipolar disorder
European Psychiatry February 2017 40 :33-37