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Maladie de Creutzfeld-Jacob : un nouveau test permet un diagnostic de certitude

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Une étude italienne, publiée dans JAMA Neurology, démontre l'efficacité d'un nouveau test permettant de confirmer un diagnostic de maladie de Creutzfeldt-Jakob, par l'intermédiaire d'un algorithme combinant des prélèvements de liquide céphalorachidien et des frottis de muqueuse nasale. Dans cette étude, la nouvelle méthode atteint des valeurs de sensibilité et de spécificité de 100%.

Dr Christian Cottriau - 16 janvier 2017

Pendant longtemps, le diagnostic d'une maladie de Creutzfeld-Jacob est resté assez problématique. Le tableau clinique associant essentiellement une démence rapidement progressive et des symptômes d'atteinte cérébelleuse implique, en effet, la nécessité de réaliser un diagnostic différentiel avec toute une série d'autres pathologies. Même en associant au diagnostic clinique des examens plus approfondis, comportant une analyse du liquide céphalo-rachidien, un examen par EEG et une imagerie par résonnance magnétique, on ne parvient à obtenir qu'une sensibilité et une spécificité respectivement de l'ordre de 83% et 71%, c'est dire si on reste assez loin d'un diagnostic de certitude et il en résulte qu'un nombre non négligeable de patients présentant la maladie n'est pas diagnostiqué.

Nouvelle technologie

Le test, récemment mis au point, dont il est question ici correspond à une méthode de détection par assay RT-QuIC (real-time quaking-induced conversion) de seconde génération, capable, grâce à une technique d'amplification faisant intervenir des PrP recombinants solubles issus de souches de E.Coli, de détecter - dans le liquide céphalorachidien, ainsi qu'au niveau de la muqueuse nasale - des quantités infimes (de l'ordre du femtogramme, soit 10-18 kg) de la protéine prionique anormale (PrPsc) spécifique de la maladie de Creutzfeld-Jacob, présente dans tous les sous-types des formes sporadiques de la maladie.

Etude de contrôle de cas

L'étude de cas contrôles publiée par les chercheurs de l'Université de Vérone a été réalisée sur base de prélèvements de liquide céphalo-rachidien et de muqueuse nasale sur 86 patients chez lesquels avait été posé un diagnostic de maladie de Creutzfeld-Jacob possible (n=24), probable (n=51) ou suspecté (n=11) et chez 104 cas contrôles ne présentant pas la maladie. Les patients avec une suspicion de diagnostic de maladie de C-J ont été suivis jusqu'au décès où un diagnostic de certitude post-mortem a pu être posé ou jusqu'à l'obtention d'un diagnostic certain d'une autre affection. Au final, les résultats de l'analyse montrent que les nouveaux tests ont permis d'identifier les 61 patients qui présentaient des formes sporadiques de maladie de Creutzfeld-Jacob, ce qui porte la sensibilité du test à 100%. Par ailleurs, les tests se sont avérés négatifs chez tous les patients qui ne présentaient pas la maladie (n=71). Sur base de ces résultats, parmi les 86 patients avec une maladie de C-J potentielle, un diagnostic différent a pu être posé chez 17 d'entre eux (20%) et 5 ont pu être traités avec succès.

Formes génétiques, autre testing requis

Rappelant que la maladie de Creutzfeld-Jacob peut se présenter sous des formes sporadiques, génétiques ou être due à des infections iatrogènes, les auteurs notent que dans les formes génétiques de maladie de Creutzfeld-Jacob, par contre, le test ne s'est pas avéré aussi performant. Parmi les 8 patients symptomatiques présentant différentes mutations qui peuvent provoquer une maladie de Creutzfeld-Jacob ou un syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker, 6 présentaient des tests positifs et 2 des tests négatifs, ce qui correspond à une sensibilité de 75%.

Pr. Gianluigi Zanusso : "Cette technique permet de faire un diagnostic étiologique de la maladie à prions. Cependant, en utilisant uniquement des prélèvements de liquide céphalorachidien, la spécificité des tests est de 100% mais la sensibilité n'est que de l'ordre de 90%. C'est pourquoi, nous avons développé un algorithme associant un prélèvement de muqueuse nasale, ce qui permet de porter la sensibilité de l'analyse à 100%. L'étape suivante est, bien entendu, de développer un test permettant d'identifier les porteurs d'un gène associé à une maladie à prions et donc susceptibles de développer la maladie. "

Les auteurs notent qu'en Italie le coût moyen d'un tel test est de l'ordre de 100 à 200 € et que les résultats sont disponibles en trois jours pour les prélèvements au niveau du LCR et un jour pour les analyses sur la muqueuse nasale. Dans un commentaire, à paraître dans la même édition, le Dr Paul Brown (NIH, Bethesda, USA) confirme que ce test devrait rapidement devenir, partout, la référence en matière de diagnostic des maladies à prions chez l'être humain.

Référence :

Bongianni M et al. 'Diagnosis of Human Prion Disease Using Real-Time Quaking-Induced Conversion Testing of Olfactory Mucosa and Cerebrospinal Fluid Samples' JAMA Neurol 2017 Published online December 12, 2016. doi:10.1001/jamaneurol.2016.4614

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