Dépression et pensées suicidaires sont fréquentes dans les cockpits

Près de deux ans après le crash d'un Airbus A 320 de la Germanwings dans les Alpes françaises, intentionnellement provoqué par le copilote dépressif de l'appareil, une étude américaine révèle l'ampleur du problème de santé mentale auquel doivent faire face les compagnies aériennes.
Parmi les quelque 3 500 pilotes auxquels a été envoyé un questionnaire anonyme, par courrier électronique, entre avril et décembre 2015, 1 848 ont rempli le formulaire détaillé concernant leur santé mentale. Il ressort que 233 d'entre eux présentent des symptômes caractérisés de dépression (tristesse, perte de plaisir...). La proportion monte à 13,5% parmi ceux qui ont pris les commandes d'un avion dans les sept jours précédant l'enquête.
Plus effarant encore : 75 participants (4,1%) ont rapporté avoir eu des pensées suicidaires durant les quinze derniers jours ou pire ont déclaré qu'ils auraient été mieux morts que vivants. A souligner aussi : les niveaux de dépression les plus élevés se retrouvent chez les pilotes qui consomment des quantités importantes de somnifères et chez ceux qui se disent harcelés moralement ou sexuellement.
C'est la première fois qu'une telle étude était menée et le bilan n'a vraiment pas de quoi rassurer les phobiques de l'avion. "Nous avons découvert que de nombreux pilotes sont touchés par des épisodes dépressifs, et il se peut qu'ils ne cherchent pas être soignés pour ne pas courir le risque de se voir retirer leur licence," déplore Joseph Allen, premier auteur de l'étude.
(référence : Environnemental Health, 15 décembre 2016, DOI : 10.1186/s12940-016-0200-6)