Parkinson : le microbiote intestinal, un facteur de risque

Certes, cette étude de l'Institut de technologie de Californie ne démontre pas que la maladie de Parkinson est essentiellement un trouble de l'intestin et qu'elle pourrait être traitée par probiotiques.
Néanmoins, dans la lignée de précédents travaux, elle suggère l'influence majeure du microbiote intestinal sur la santé cérébrale et elle laisse entendre que les troubles intestinaux jouent un rôle crucial dès l'origine de la maladie et l'apparition des troubles moteurs.
Les chercheurs ont travaillé avec un modèle murin de la maladie de Parkinson. Les souris âgées de 12-13 semaines ont été réparties en deux groupes, d'un côté celles qui contenaient une population variée de bactéries intestinales, de l'autre celles qui en étaient exemptes. Toutes ont dû réaliser plusieurs tâches pour révéler leurs compétentes motrices : courir sur un tapis roulant, traverser une poutre, descendre d'un poteau... Résultat : celles qui sont exemptes de germes sont significativement plus habiles que celles dotées d'un microbiote perturbé.
Ensuite, lorsque les auteurs de l'étude ont transplanté des échantillons fécaux de personnes atteintes de la maladie sur des souris stériles exemptes de tout germe mais génétiquement programmées pour produire la protéine alpha-synucléine (αSyn), caractéristique de cette atteinte neurodégénérative, les symptômes (tremblements et difficultés à la marche) se sont aggravés. Par contre, aucun symptôme n'est apparu sur les souris qui ont reçu des échantillons de bactéries intestinales de personnes non atteintes par le Parkinson.
Si d'autres études doivent être menées sur le sujet, les chercheurs estiment que le microbiote pourrait être utilisé comme un biomarqueur pour identifier les patients à risque et faire l'objet d'une nouvelle approche pour traiter en amont la maladie de Parkinson.
(référence : Cell, 1er décembre 2016, DOI : 10.1016/j.cell.2016.11.018)