Le MS Center, une première wallonne

Toute une unité du CHR de Liège est désormais dédiée à la prise en charge de la sclérose en plaques (SEP). Fait unique en Wallonie : l'équipe multidisciplinaire n'est composée que d'experts certifiés en SEP, ce qui permet aux patients d'avoir accès aux médicaments issus des protocoles d'études.
Au deuxième étage du site de la Citadelle, le MS Center sent encore la peinture fraîche. Ce grand espace, qui comprend un hôpital de jour, permet depuis le 24 janvier dernier de prendre en charge les patients dès les premiers symptômes de la maladie. Une fois le diagnostic confirmé, le patient pourra bénéficier d'une prise en charge thérapeutique multidisciplinaire par des acteurs médicaux et paramédicaux spécialisés, certifiés, experts en SEP, fait unique en Wallonie.
" De ce fait, ces patients bénéficieront de l'entièreté de l'arsenal thérapeutique disponible en Belgique ou non encore mis sur le marché belge mais faisant toujours l'objet d'études cliniques de phase II, III, ou IV", explique le Pr Valérie Delvaux, neurologue et responsable du MS Center au CHR de Liège.
Une énième clinique ?
L'énième naissance d'un centre dont l'itinéraire de soin cible une pathologie, voilà un sujet polémique au sein de la communauté médicale, notamment chez les médecins de famille. Dans sa thèse soutenue en septembre 2016, le Dr Jean-Luc Belche prônait la limitation des approches centrées sur une seule maladie " qui placent les patients et la première ligne de soins en porte-à-faux, sans apporter les résultats escomptés ". Plus récemment encore, lors de la 27ième journée médicale du CHR de Liège, c'est le président du Forum des associations de médecins généralistes wallons (FAGW), le Dr Guy Delrée, qui tirait à boulets rouges sur l'émergence des cliniques en tout genre " qui volent le pain des généralistes, qui sont amenés à devenir de simples dispatchers ".
Ici, il n'est pourtant pas question d'ajouter une énième clinique, " un terme galvaudé " pour le Pr Delvaux. " La SEP est devenu un domaine tellement spécifique qu'un centre de référence est nécessaire. Le problème à ce niveau ne se pose d'ailleurs pas avec les généralistes, mais plutôt avec les neurologues qui n'ont pas tous les connaissances suffisantes des molécules qui deviennent extrêmement précises et spécifiques dans le traitement de la SEP. "
Un binôme avec le généraliste
Le généraliste est vu comme un partenaire important pour le MS Center. Ce sont eux qui sont en première ligne pour détecter les premiers symptômes. Mais, pour la neurologue liégeoise, ils ne sont pas suffisamment informés. " Je crois que c'est là qu'il faut encore travailler. Il y a des journées d'information, mais il faut également aller dans les dodécagroupes, au niveau des Glems, car pour certains, la neurologie reste une médecine contemplative et qui n'évolue pas. "
Enfin, sur le rôle de simple dispatcher des médecins traitants, le Pr Delvaux rectifie : " Non, nous formons un binôme avec eux. J'appelle souvent les généralistes. Pourquoi ? Parce que j'en ai besoin au quotidien. " Le rôle du MS Center n'est effectivement pas un rôle de proximité, et bien qu'un psychologue et une assistante sociale soient présents dans le MS Center, " il faut un débriefing à domicile avec le médecin traitant, car c'est lui qui connaît le mieux l'environnement proche du patient. On ne peut pas se passer de l'aide du médecin traitant."
Dans notre pays, 12.000 patients sont atteints de SEP. Cette maladie concerne des patients jeunes, avec une prédominance entre 20-40 ans, et affecte 4 femmes pour 1 homme.