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"Les femmes se soucient plus de l'apparence de leur sexe"

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En 2015, plus de 95.000 labioplasties et plus de 50.000 vaginoplasties ont été pratiquées dans le monde, selon la Société internationale de chirurgie esthétique (ISAPS).

Rédaction Web - 30 janvier 2017

Confidentiels il y a peu, les traitements esthétiques des parties intimes connaissent un engouement croissant, qui pose des questions sur la perception de la "normalité" et comporte des risques médicaux.

"Si vous m'en aviez parlé dans les années 1980, je vous aurais traité de fou", a reconnu Renato Saltz, chirurgien esthétique près de Salt Lake City (États-Unis) et président de la Société internationale de chirurgie esthétique (ISAPS), interrogé par l'AFP.

En 2015, plus de 95.000 labioplasties (chirurgie et/ou injections au niveau des lèvres) et plus de 50.000 vaginoplasties ont été pratiquées dans le monde, selon la Société internationale de chirurgie esthétique (ISAPS).

Quasi inexistantes il y a encore cinq ans, elles figurent désormais aux 19e et 22e rang des opérations les plus pratiquées.

Cette intervention consiste le plus souvent à réduire la taille des petites lèvres par laser (on parle alors aussi de nymphoplastie).

"Les femmes se soucient désormais beaucoup plus de l'apparence de leur sexe", a observé Nolan Karp, chirurgien à New York et membre du conseil d'administration de l'American Society for Aesthetic Plastic Surgery (ASAPS), y voyant l'effet d'internet.

Mais si l'on considère comme "normal" un sexe où les petites lèvres ne "débordent" pas des grandes lèvres, alors seulement 20% répond à ce critère, reconnaît Nicolas Berreni, gynécologue-obstétricien à Perpignan, lors du congrès de médecine esthétique IMCAS à Paris.

Cette quête de l'anatomie "parfaite" est "préoccupante", juge Dorothy Show, ancienne présidente de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC).

Elle s'inquiète du recours à cette pratique chez des adolescentes, dont le développement physique n'est pas terminé.

L'opération n'est pas sans risques : douleurs chroniques, saignements, infections.

"Lors de la cicatrisation, il y a un risque que des terminaisons nerveuses se trouvent prises dans le tissu cicatriciel, ce qui provoquera des douleurs", souligne le Dr Shaw.

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