Des soins de santé (de plus en plus) disruptifs

Lors du symposium annuel du GBS, Marc Moens, a passé en revue l'année écoulée dans le secteur de la santé, dévoilant ainsi quelques morceaux choisis de son fameux rapport annuel.
"Est-ce que la politique de santé est disruptive ? Nous avons une ministre qui travaille de façon tout à fait différente que les anciens ministres de la Santé. Ou est-ce les soins de santé qui le sont, par exemple, via la robotique ? Le citoyen est-il soigné de façon disruptive? Lorsque je lis la presse, je remarque que les patients se soucient davantage d'eux-mêmes : 100.000 Belges se sont inscrits en février à la Tournée minérale, certains ont décidé de ne plus manger de viandes et d'autres de vivre sans smartphone, un instrument qui pourrait être responsable du burn-out", commente le secrétaire général du GBS.
Au niveau politique, le Dr Moens révèle que le nombre de pages publiées par le Moniteur Belge a connu en 2016 une augmentation sensible (+12%), passant de 82.000 pages en 2015 à 92.250 en 2016.
Des économies à la pelle
Marc Moens a également commenté samedi 4 février la chute de popularité de Maggie De Block, provoquée chez les généralistes fin 2015 et début 2016 par les mesures sur le tiers-payant obligatoire. "Ensuite, la problématique budgétaire est devenue plus importante et la ministre a dû chercher de l'argent partout et prendre une série de mesures: retour plus rapide des malades de longue durée au travail, augmentation des accises sur le tabac et l'alcool, création d'une taxe ridicule sur le sucre et 120 millions d'économies auprès des mutuelles, qui selon la Cour des comptes avaient déjà reçu, entre 2002 et 2011, 235 millions d'euros de trop. 902 millions d'économies ont été décidées dans les soins de santé, dont 252 millions chez les médecins et 92 millions auprès des hôpitaux, avec des vases communicants vers les honoraires médicaux."
Le secrétaire général du GBS a rappelé que lorsque la ministre De Block a annoncé sa grande réforme du financement hospitalier, elle avait promis que cette "évolution" ne viserait pas à faire des économies. "Or, malheureusement, elle a dû changer ses plans. Dans sa note "réformes et rationalisation dans le secteur hospitalier" du mois d'octobre 2016, un des objectifs prioritaires est de réaliser des économies en regroupant 92 hôpitaux régionaux en 25 réseaux. Le patron des Mutualités chrétienne, Jean Hermesse, estime depuis des années qu'il y a 10.000 lits aigus en trop en Belgique. La ministre cible 4.000 lits qui ne seront plus financés ainsi que les services d'urgences, de pédiatrie et les maternités qui ne présentent pas une activité clinique suffisante. Ceux-ci devront se rassembler."
Marc Moens a rappelé que si le financement des hôpitaux reste fédéral, l'exécution de certaines mesures, telle que la fermeture des lits hospitaliers, est désormais du ressort des ministres des entités fédérées, Prévot et Vandeurzen. Tous ces changements auront forcément des conséquences disruptives. On le voit déjà dans certaines régions où les hôpitaux changent tout d'un coup leurs stratégies médicales et improvisent des fermetures et des regroupements de services (maternité, pédiatrie, urgences...).