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La psychothérapie réservée aux médecins psychologues cliniciens ?

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Différentes plateformes de psychothérapeutes contestent une nouvelle fois la loi De Block sur la psychothérapie qui prévoit d'en limiter l'exercice aux médecins ayant suivi une formation complémentaire, aux orthopédagogues cliniciens et aux psychologues cliniciens. Plusieurs collectifs ont introduit des recours en annulation au Conseil d'Etat. En tout, il y en a désormais sept.

Nicolas de Pape - 9 février 2017

C'est à l'été 2014 que l'ancienne ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, a mis fin à 15 ans de débats interminables sur l'exercice de la psychothérapie entre psychiatres, psychologues, politiques et psychanalystes avec ou sans formation médicale. La loi Onkelinx donne un cadre légal à la psychologie clinique et à la psychothérapie dans le but avoué de faire le tri entre charlatans et véritables psychothérapeutes. La loi est un compromis entre la vision flamande qui exige une solide formation et la vision "sudiste" qui fait plus confiance à l'expérience de terrain.

A l'époque, le parti de Maggie De Block, l'Open-VLD, qui fait partie du gouvernement Di Rupo, soutient la loi Onkelinx.

Arrive le nouveau gouvernement... Maggie De Block fait adopter en juin 2016 à la Chambre sa loi sur les professions de soins de santé qui prévoit notamment de limiter la psychothérapie à un type de traitement spécialisé réservé, dans un premier temps, aux psychologues cliniciens, aux orthopédagogues cliniciens et aux médecins ayant suivi une formation complémentaire de 70 équivalents ECTS soit à peu près deux ans de formation théorique.

En limitant l'exercice de la psychothérapie à des soignants solidement diplômés, la ministre De Block entend ainsi protéger les patients de certains charlatans et éviter que n'importe qui puisse mettre une plaque professionnelle sans formation reconnue. Elle ouvre parallèlement la porte à un éventuel remboursement des séances de psychothérapie par l'Inami.

Sept recours en tout

Au Parlement, certains hommes politiques s'émeuvent que des psychothérapeutes soient rétrogradés du jour au lendemain. En effet, les psychothérapeutes dépourvus du master requis risquent d'être placés sous tutelle d'un médecin ou d'un psychologue même s'ils exercent depuis de nombreuses années y compris parfois pour le monde judiciaire.

En octobre dernier, un recours est déposé au conseil d'Etat et vendredi dernier, encore quatre recours en annulation ont été devant la cour constitutionnelle, et deux devant le conseil d'Etat.

Sur le fond, les associations et collectifs de psychothérapeutes qui contestent la nouvelle loi estiment que celle-ci "ramène la psychothérapie dans le champ des soins de santé et ne pourra plus être pratiquée que par des médecins". Pour Christophe Dubois, qui représente plusieurs associations actives dans le secteur ambulatoire, "désormais, l'ensemble de nos pratiques tombent sous le coup de la loi et les professionnels qui n'entrent pas dans les conditions d'exercice de la psychothérapie parce qu'ils n'ont pas les diplômes en soins de santé requis se voient menacés d'être poursuivis pour exercice illégal de la médecine."

Perplexité

La nouvelle loi nierait "les souffrances relatives à l'existence ordinaire en-dehors de toute maladie".

"Toute souffrance ou questionnement psychique est réduit à une maladie à traiter, à guérir", explique la porte-parole des cinq plates-formes. "Cette nouvelle loi nous laisse perplexes, interrogatifs, insécurisés... quant au devenir de nos pratiques qu'elles soient institutionnelles ou privées et quant aux conséquences pour toute personne qui consulte ou souhaiterait consulter".

Outre le reproche de "médicaliser" la psychothérapie, les recours stigmatisent le flou entourant la loi et le risque de fermeture de nombreux centres de formation à la psychanalyse. D'autres comme Alter-psy critiquent la "standardisation" des soins de santé mentale.

En attendant, le 22 décembre dernier, la Cour constitutionnelle a considéré que les psychothérapeutes qui exerçaient sans satisfaire aux exigences de la nouvelle loi pouvaient continuer leur pratique en attendant un arrêt sur le tout premier recours en annulation de la nouvelle loi.

Affaire à suivre donc.

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